Barack Obama face au Congrès
Barack Obama face au Congrès © Reuters

Un an avant la présidentielle américaine, l'actuel locataire de la Maison Blanche a appelé à abandonner "le schéma éculé" d'une politique de confrontation avec les républicains, majoritaires au Congrès. "Et si nous faisions quelque chose de différent ?", propose Barack Obama dans son discours annuel sur l'état de l'Union.

Le résumé de ce discours avec Frédéric Carbonne, notre correspondant à Washington

Ce que souhaite voir le président américain ? "Une meilleure politique où l'on se préoccupe de la dignité élémentaire de chacun d'entre nous et pas de nos peurs primaires", alors que les États-Unis semblent sortis de la crise.

S'adressant au Congrès pour la première fois depuis que les républicains se sont emparés du Sénat lors des élections de mi-mandat de novembre, Barack Obama a clairement laissé entendre qu'il ne se laisserait pas faire par ses opposants en politique , les exhortant à participer à un débat sur l'avenir "sans que nous ne nous diabolisions".

Nombre de propositions énumérées dans le discours télévisé Barack Obama, si elles sont plébiscitées par nombre d'Américains, risquent toutefois de ne pas voir le jour étant donné l'opposition républicaine.

L'homme qui avait sauvé l'économie ?

Le président américain a revendiqué le rebond de l'économie américaine , avec un taux de chômage revenu à 5,6%, ajoutant que le moment était venu de "tourner la page" de la récession et des guerres.

Après une année décisive, notre économie est en pleine croissance et nous avons créé des emplois à un rythme jamais connu depuis 1999.

Il a proposé aux élus du Congrès, majoritairement républicain depuis novembre, 320 milliards de dollars (276 milliards d'euros) de hausses d'impôts sur 10 ans, visant en particulier les plus aisés et la finance.

Le Grand Old Party n'a pas l'intention d'accepter la moindre hausse d'impôt et il entend au contraire combattre les projets de la Maison blanche. "Ce plan semble davantage axé sur la redistribution, non sans compliquer les choses, et sur la lutte des classes, la promotion des créations d'emploi dans les petites entreprises, que sur la réforme fiscale", a déclaré le sénateur républicain Orrin Hatch, chargé des questions fiscales au Sénat.

Barack Obama entend de son côté soutenir ceux qui n'ont pas pu monter dans le wagon de la reprise économique après la crise financière de 2008.

Maintenant que la crise financière est derrière nous, comment faire en sorte que tout le monde profite de cette économie en croissance ?

Cuba et la France en toile de fond

En matière de politique étrangère, Barack Obama a défendu sa décision, prise en novembre, de normaliser les relations des Etats-Unis avec Cuba, exhortant le Congrès à lever l'embargo économique imposé il y a 50 ans par Washington à La Havane .

À Cuba, nous avons mis fin à une politique qui avait depuis longtemps cessé de fonctionner. Nous pouvons dépasser une longue incompréhension sur le continent.

Les députés américains ont rendu hommage aux morts de Charlie Hebdo
Les députés américains ont rendu hommage aux morts de Charlie Hebdo © Reuters

Il a également invité les élus à Congrès à voter une nouveau texte autorisant l'usage de la force contre les militants de l'Etat islamique, tout en les priant de ne pas se précipiter pour prendre de nouvelles sanctions contre l'Iran liées au programme nucléaire du pays.

Plusieurs sénateurs veulent agir en ce sens au vu du peu de progrès constaté dans les discussions entre Teheran et le Groupe des Six au sujet de ce programme. Mais toute nouvelle sanction imposée à l'Iran par le Congrès avant la fin des pourparlers est susceptible de "vouer la diplomatie à l'échec", a estimé Barack Obama.

Le traditionnel discours sur l'état de l'union a aussi été l'occasion d'un hommage des parlementaires américains à la France, en particulier aux dessinateurs tués à Charlie Hebdo. Tous ont levé symboliquement un crayon au beau milieu du Congrès.

Le président américain a dit s'être entretenu avec François Hollande pour évoquer à la fois l'enquête liée aux récents attentats mortels à Paris et la manière de favoriser la tenue d'élections pacifiques au Nigeria, pays sous la menace de Boko Haram.

Barack Obama a demandé au Congrès de lui conférer le pouvoir de négocier des accords de libre-échange. Des élus démocrates s'y disent opposés, redoutant que d'éventuels accords ne nuisent aux travailleurs américains.

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