Invité par le club "Les Napoléons" et plus particulièrement par le patron d'Orange Stéphane Richard, l'ancien président américain tenait ce samedi une conférence sur le thème de "la peur et l'utilisation de la peur". Avec quelques évocations subtiles de son successeur...

Barack Obama à la Maison de la Radio le 2 décembre 2017
Barack Obama à la Maison de la Radio le 2 décembre 2017 © AFP / Martin Bureau

Il avait beau être en France, l'esprit de Barack Obama était sans doute un peu occupé par l'actualité de l'autre côté de l'Atlantique, et par les mesures prises ces derniers mois par son successeur Donald Trump. Venu parler, a priori, plutôt d'économie, l'ancien président des États-Unis a aussi beaucoup évoqué des questions de société.

► ALLER PLUS LOIN | L'intervention complète de Barack Obama à revivre en tweets

Pour lui, les peurs auxquelles fait face le monde actuel sont nombreuses : changement climatique, migrations de masse, terrorisme... Et même Internet, vu par Obama comme un moyen de "propager la connaissance, mais aussi de diffuser de la propagande". Première évocation à demi-masquée de l'actuel président américain, dont l'élection a été marquée par des soupçons d'influence étrangère via les réseaux sociaux notamment.

Nous devons être attentifs à leurs effets. Je m'inquiète que Facebook devienne pour beaucoup de gens le moyen d'information principal. Mark Zuckerberg lui-même a des inquiétudes.

Il évoque également les algorithmes, qui soumettent les populations à "des formes de propagande, puisque vous ne recevez que des informations qui confortent votre parti pris. C'est un souci démocratique", regrette Barack Obama. "Je suis convaincu que le futur n’appartient pas à l’homme fort. La liberté individuelle, l’État de droit, c’est notre seul choix..."

Le climat et la sortie de l'accord de Paris

Pour lui, "l'économie doit être au service de tous", dans un contexte où la majorité républicaine vient de baisser l'impôt sur les bénéfices des entreprises, faisant perdre, selon les estimations, environ 1.500 milliards de dollars de recettes fiscales sur dix ans. "Pour avancer, nous devons moderniser nos économies de façon inclusive", ajoute-t-il.

Parmi ses autres peurs, celle pour l'environnement, après le départ tonitruant de Donald Trump de l'accord de Paris. "Depuis la mise en œuvre de la COP21, on a vu des progrès dans le monde entier. Certes,  il  y a une absence de représentation américaine sur ce sujet, je vous  l’accorde", plaisante Barack Obama avant de redevenir grave. "Si le climat commence à partir dans tous les sens, je crains que ça ne soit irréversible."

Bref, une intervention qui laisse entrevoir une certaine mélancolie de ses deux mandats présidentiels. Comme lorsqu'il assure qu'il serait "un meilleur président si je le redevenais. Mais Michelle divorcerait, alors je n'y tiens pas."

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