[scald=86537:sdl_editor_representation]par Matt Spetalnick

WASHINGTON (Reuters) - Le président américain Barack Obama a déclaré la guerre aux niches fiscales bénéficiant aux contribuables les plus aisés et a prôné le "made in USA" mardi lors du traditionnel discours sur l'état de l'Union qui a pris cette année une tournure éminemment politique à neuf mois de l'élection présidentielle.

Eclipsé par une campagne à l'investiture républicaine riche en rebondissements et en joutes verbales, le candidat démocrate à sa propre succession a profité de ce rendez-vous politique annuel pour revenir sur le devant de la scène.

S'exprimant pendant environ une heure devant le Congrès, Barack Obama s'est prononcé en faveur de l'équité fiscale et d'une économie pour tous.

"Des millions d'Américains qui travaillent dur et respectent les règles méritent un gouvernement et un système financier qui font la même chose. Il est temps d'appliquer les mêmes règles du haut jusqu'en bas", a estimé le chef de la Maison blanche.

"La réforme fiscale doit suivre la règle (du milliardaire américain Warren) Buffett. Si vous gagnez plus d'un million de dollars par an, vous ne devriez pas payer moins de 30% d'impôts", a-t-il poursuivi.

Warren Buffett estime injuste d'être soumis à un taux d'imposition inférieur à celui de sa secrétaire Debbie Bosanek, qui était présente au Congrès mardi pour l'occasion.

Barack Obama, qui prononçait son troisième discours sur l'état de l'Union depuis son arrivée à la Maison blanche, a également défendu une baisse des impôts pour les entreprises qui ne délocalisent pas.

"Actuellement, les entreprises bénéficient d'avantages fiscaux lorsqu'elles délocalisent leurs entreprises à l'étranger, cela n'a absolument aucun sens. Alors changeons la règle du jeu", a-t-il dit.

"A partir de maintenant, toutes les entreprises multinationales devront payer une taxe de base et tout doit être fait pour accorder des avantages fiscaux aux entreprises qui veulent créer des emplois aux Etats Unis (...) Il est grand temps d'arrêter de récompenser les entreprises qui délocalisent les emplois à l'étranger."

SOLUTION PACIFIQUE

Pour lutter contre le piratage, Barack Obama a annoncé la création d'une entité "chargée d'enquêter sur les contentieux commerciaux, notamment avec des pays comme la Chine."

"Plus d'un millier d'Américains ont du travail aujourd'hui parce que nous avons mis un terme à une flambée d'importations de pneus chinois, mais nous devons faire plus", a-t-il estimé.

"Il n'est pas juste qu'un pays laisse nos films, nos disques et nos logiciels être piratés."

Obama avait ouvert son discours en saluant le départ des troupes américaines d'Irak, fin décembre, près de neuf ans après l'invasion du pays pour chasser l'ancien dirigeant Saddam Hussein du pouvoir.

"Pour la première fois depuis neuf ans, il n'y a plus d'Américains qui combattent en Irak. Pour la première fois depuis deux décennies, Oussama ben Laden n'est plus une menace pour ce pays", a-t-il déclaré, faisant référence au chef d'Al Qaïda, tué le 2 mai 2011 par un commando de forces spéciales américaines au Pakistan.

Sur le dossier du nucléaire iranien, le président américain a fait savoir que les Etats-Unis étaient "déterminés" à empêcher l'Iran d'acquérir l'arme nucléaire et "gardaient toutes les options sur la table pour atteindre ce but."

Une solution pacifique de cette question est encore possible si l'Iran décide de remplir ses obligations, a-t-il ajouté.

Le chef de la Maison blanche entame dès mercredi une visite de trois jours dans cinq Etats clés pour promouvoir et détailler ses propositions.

Il est attendu dans l'Iowa et l'Arizona mercredi, où il devrait faire la promotion du "made in USA". Jeudi, il devrait se rendre dans le Nevada et le Colorado pour exposer sa vision de l'énergie. Sa tournée devrait s'achever vendredi dans le Michigan et se centrer sur l'éducation.

Marine Pennetier pour le service français

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.