[scald=93209:sdl_editor_representation]par Chris Buckley et Jeff Mason

WASHINGTON (Reuters) - Recevant à la Maison blanche le vice-président chinois Xi Jinping, qui devrait prendre les rênes du régime communiste en fin d'année, Barack Obama a souligné mardi qu'il était vital pour les Etats-Unis d'avoir des relations fortes avec la Chine.

Mais le président américain a souligné que l'émergence de la Chine comme puissance mondiale s'accompagnait de responsabilités et a insisté sur l'importance d'équilibrer les échanges commerciaux bilatéraux. Il a également indiqué qu'il continuerait d'oeuvrer en faveur des droits de l'homme.

Xi Jinping, qui effectue ses premiers pas d'envergure sur la scène internationale, a plaidé en faveur d'un approfondissement de la compréhension mutuelle entre les deux puissances. Il s'est gardé d'évoquer les questions soulevées par son hôte.

Sa visite a été soigneusement orchestrée par les autorités chinoises comme une sorte de rite de passage pour celui qui devrait devenir secrétaire général du comité central du PC chinois à l'automne avant d'être propulsé à la tête de l'Etat début 2013.

Dans un contexte de rivalité économique et stratégique croissante entre les deux puissances mondiales, l'événement revêt une importance particulière pour Barack Obama.

Ce dernier devait à la fois ménager son hôte afin de ne pas dégrader d'emblée leurs futures relations tout en évitant de prêter le flanc aux accusations de faiblesse à neuf mois de l'élection présidentielle aux Etats-Unis.

"Nous avons tenté d'insister sur le fait qu'avec le développement extraordinaire de la Chine au cours des deux décennies écoulées, qu'avec une puissance et une prospérité grandissantes venaient aussi des responsabilités accrues", a dit Barack Obama à la presse.

"Nous voulons oeuvrer avec la Chine afin de nous assurer que tout le monde suit les mêmes règles pour ce qui est du système économique mondial, et cela inclut de faire en sorte que les échanges commerciaux soient équilibrés, non seulement entre les Etats-Unis et la Chine, mais aussi à travers la planète", a-t-il ajouté.

MIEUX SE CONNAITRE

Les collaborateurs du président américain ont souligné que la visite de Xi Jinping devait essentiellement permettre aux deux dirigeants d'apprendre à mieux se connaître.

"En Asie de manière générale, mais en Chine assurément, la qualité de la relation compte et cela est particulièrement vrai à un tel niveau", soulignait lundi Danny Russel, principal conseiller de Barack Obama au sujet de la Chine.

En recevant Xi Jinping, 58 ans, dans le Bureau ovale, Barack Obama lui a ainsi fait un honneur généralement réservé aux plus proches alliés.

"J'espère nouer des liens avec un large échantillon de la société américaine lors de ma visite", a dit le vice-président chinois mardi dans le Bureau ovale.

Dans un entretien accordé au Washington Post à la veille de son arrivée, il estimait que "les frictions et les divergences" dans les relations économiques et commerciales pouvaient "difficilement être évitées" mais qu'il importait de les gérer.

Lors d'un déjeuner au département d'Etat, après sa visite à la Maison blanche, il s'est félicité de l'approfondissement de la coopération économique entre Washington et Pékin, a relevé que les deux puissances devaient oeuvrer à un rééquilibrage de leur balance commerciale et de leurs investissements mutuels, mais que les questions devaient être réglées par le dialogue, "et non par le protectionnisme".

Le déficit commercial des Etats-Unis vis-à-vis de la Chine s'est creusé en 2011 à un niveau record de 295,5 milliards de dollars.

PIVOT

Xi Jinping est le plus haut responsable chinois reçu à la Maison blanche depuis que Barack Obama a exposé en novembre sa nouvelle doctrine diplomatique, dite du "pivot", qui consiste à tourner les Etats-Unis vers l'Asie et la région Pacifique, considérées comme l'endroit du monde où se jouera au XXIe siècle la domination sur les affaires internationales.

Mais beaucoup de responsables américains imputent aux pratiques commerciales et monétaires de la Chine les pertes d'emplois enregistrées dans l'industrie aux Etats-Unis.

La Fédération américaine des Entreprises et de l'Industrie s'est payée une pleine page de publicité dans la presse intitulée "Bons baisers de Chine", en allusion à la Saint-Valentin fêtée mardi. Dans ce message, elle exhorte Barack Obama à "concrétiser ses fortes paroles en actions fortes".

Dans une déclaration commune diffusée par la Maison blanche, les Etats-Unis et la Chine se contentent de réaffirmer les engagements pris dans le cadre du G20 d'évoluer rapidement vers "un système de taux de changes déterminés par le marché" et de s'abstenir de recourir à des dévaluations compétitives de leurs monnaies.

La question des droits de l'homme a également mobilisé plusieurs centaines de manifestants qui se sont réunis devant la Maison blanche pour dénoncer la répression au Tibet.

"Sur les questions cruciales, comme les droits de l'homme, nous continuerons d'insister sur le fait que nous croyons à l'importance de la reconnaissance des aspirations et des droits de tous les peuples", a dit Barack Obama.

Avec Matt Spetalnick; Bertrand Boucey et Henri-Pierre André pour le service français, édité par Gilles Tréquesser

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