Les forces irakiennes gouvernementales, appuyées par la coalition internationale, ont réussi à reprendre Mossoul des mains du groupe État islamique. Une victoire très coûteuse.

Une petite fille avec un drapeau de l'Irak dans les bras de son père dans un quartier récemment libéré à l'est de Mossoul.
Une petite fille avec un drapeau de l'Irak dans les bras de son père dans un quartier récemment libéré à l'est de Mossoul. © Maxppp / Christophe Petit Tesson

Mossoul est libérée. Mais à quel prix ? Après neuf mois de combats, l’État islamique a finalement cédé. Les forces irakiennes gouvernementales, appuyées par la coalition internationale, ont repris la deuxième ville d’Irak des mains de l’organisation terroriste, plus de trois ans après sa chute en juin 2014. C’était le principal bastion de l’EI dans le pays.

Les forces irakiennes en première ligne

L’offensive à Mossoul a été lancée le 17 octobre 2016. Quelques 30 000 soldats de l’armée régulière irakienne sont envoyés sur le terrain. Ils sont aidés par des milices irakiennes sunnites, près de 4000 hommes, et chiites, plusieurs milliers d’hommes également. À ces troupes s’ajoutent près 4000 Peshmerga, les combattants des forces armées du Kurdistan irakien. Au total, les forces irakiennes sont donc composées de plus de 40 000 hommes sur le terrain.

En face d’eux, quelques 6 000 combattants du groupe État islamique. Ils n’étaient plus que 300 il y a quelques jours, retranchés dans la vieille ville de Mossoul. Malgré la supériorité en nombre des forces irakiennes, il a fallu neuf mois pour reconquérir Mossoul. Une ville que l'organisation terroriste avait fait tomber en quelques jours il y a trois ans.

Les grandes dates de la bataille de Mossoul.
Les grandes dates de la bataille de Mossoul. © Visactu

Une guerre par procuration, pilotée par la coalition internationale

Les soldats irakiens étaient aussi appuyés par l’aviation de la coalition internationale, menée par les États-Unis. Une coalition qui regroupe 60 pays, dont la France. En plus des milliers de frappes aériennes réalisées en neuf mois, le rôle de la coalition a consisté à former les forces irakiennes, entraînant plus de 100 000 hommes en trois ans.

Les États-Unis sont engagés contre le groupe État islamique en Irak depuis mi-2014. L'artillerie des Marines est venue en renfort à partir de mars 2016. Même si l’objectif initial était de ne pas envoyer des troupes au sol, des forces spéciales américaines ont mené des raids terrestres contre des dirigeants de l'organisation. Au total, plus de 5 000 militaires américains se trouvent aujourd'hui déployés en Irak.

Le porte-parole des armées françaises a affirmé que l'aviation de chasse française avait contribué à hauteur de 600 frappes. Au total, depuis le début de leur engagement contre le groupe en septembre 2014, les Français ont effectué 1 307 frappes aériennes en Irak et Syrie. La coalition internationale en a effectué plus de 22 670 en Irak et 9 675 en Syrie, selon le Pentagone.

Une victoire au prix fort, notamment humain

La bataille de Mossoul a fait des centaines de milliers de déplacés.
La bataille de Mossoul a fait des centaines de milliers de déplacés. © Maxppp / LUCA PISTONE

Mossoul comptait deux millions d'habitants avant la guerre. Les combats urbains ont été très meurtriers. Selon l’ONU, 920.000 civils ont fui les combats, et se sont entassés dans des camps. Certains sont déjà rentrés chez eux, mais 700.000 personnes sont toujours déplacées. Les neuf mois de campagne militaire ont donc entraîné une crise humanitaire majeure.

Les civils piégés dans Mossoul ont survécu dans des conditions terribles, subissant des pénuries en tout genre et les bombardements. Selon l'ONU, les djihadistes du groupe État islamique se sont servis des civils comme boucliers humains.

Un camp de déplacés dans le Kurdistan irakien.
Un camp de déplacés dans le Kurdistan irakien. © Maxppp / LUCA PISTONE

La guerre contre le groupe État islamique est loin d’être finie

Mais le mouvement terroriste contrôle toujours plusieurs zones en Irak, notamment les villes de Tal Afar à 50 km à l'ouest de Mossoul, Hawija à environ 300 km au nord de Bagdad, des zones désertiques de la province d'Al-Anbar à l’ouest, et la région d'al-Qaïm, frontalière de la Syrie. Même s'il a perdu du terrain depuis 2015, le groupe État islamique occupe également des territoires dans l'est et le centre de la Syrie, dont la vallée de l'Euphrate autour de Deir Ezzor, et son fief de Raqqa au nord.

La bataille de Raqqa a débuté mardi 6 juin. Les combattants arabes et kurdes syriens sont soutenus par les Etats-Unis. Les Forces démocratiques syriennes ont déjà repris un quart de la ville, mais des milliers de civils sont également pris au piège. Là aussi, les combats s'annoncent longs et meurtriers.

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