[scald=108497:sdl_editor_representation]par Simon Gardner

SANTIAGO DE CUBA (Reuters) - Le pape Benoît XVI est arrivé lundi à Cuba pour une visite de trois jours, quatorze ans après celle effectuée par son prédécesseur Jean Paul II.

Le souverain pontife, qui venait du Mexique, effectue cette visite à un moment où les relations entre l'Eglise catholique et l'Etat cubain s'améliorent après des décennies d'hostilité consécutives à la révolution de 1959.

A l'aéroport de Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, il a été accueilli par le président Raul Castro avec lequel il aura mardi des entretiens officiels à La Havane.

Dans l'après-midi de lundi, Benoît XVI doit célébrer une messe place de la Révolution à Santiago, en hommage à la sainte patronne de Cuba, la Vierge de la charité d'El Cobre.

On ignore s'il rencontrera lors de son séjour Fidel Castro, frère aîné de Raul, ou le président vénézuélien Hugo Chavez, arrivé à Cuba durant le week-end pour suivre des séances de radiothérapie contre le cancer dont il souffre.

Le pape se rendra mardi au sanctuaire d'El Cobre, à une vingtaine de kilomètres de Santiago, dans les montagnes de la Sierra Maestra.

Cette visite pontificale coïncide avec le 400e anniversaire de la découverte par des pêcheurs d'une figurine représentant la Vierge, flottant dans une baie.

Le pape célébrera également une messe mercredi à La Havane.

Au Mexique, le pape a dénoncé les violences liées au trafic de drogue et la corruption, tandis qu'à Cuba il devrait miser sur l'amélioration des relations avec le régime castriste pour obtenir que l'Eglise joue un rôle plus important dans la vie de la société.

Depuis le rétablissement de la liberté religieuse en 1991, et plus encore le voyage de Jean Paul II en 1998, l'Eglise catholique est redevenue l'institution la plus influente sur le terrain social, en dehors du gouvernement.

NOUVEAU MODÈLE ÉCONOMIQUE ?

Raul Castro la sollicite régulièrement sur des questions liées aux prisonniers politiques ou à la sortie progressive d'une économie de type soviétique, ce qui passe par la suppression de nombreux postes dans la fonction publique.

Vendredi, Benoît XVI a toutefois lancé une pique inattendue au régime de La Havane en évoquant devant la presse l'échec du système communiste sur l'île et la nécessité d'un nouveau modèle économique. Un plaidoyer qui est loin de faire l'unanimité parmi les Cubains, y compris chez les catholiques.

"Tous les Cubains aimeraient que la visite du pape ait des répercussions qui aident à la levée de l'embargo (américain), mais nous n'avons pas besoin d'un nouveau système", assure Sergio Teyes, 40 ans, qui promène les touristes à La Havane dans sa vieille Chevrolet modèle 1950.

"Le marxisme sera toujours notre idéal mais avec des améliorations. On pourrait par exemple augmenter les salaires", ajoute-t-il.

Le pape n'a pas prévu de rencontrer les opposants cubains, précise l'Eglise.

Les "Dames en blanc", organisation de la dissidence, ont défilé dimanche à La Havane. "Nous demandons une minute avec le Saint-Père. Nous voulons qu'il connaisse la réalité actuelle du peuple cubain", a dit Berta Soler, qui dirige le groupe.

Ce groupe de femmes a été fondé en 2003 après la vague de répression qui a conduit à l'arrestation et à l'incarcération de 75 dissidents. Depuis lors, "las Damas de Blanco" manifestent chaque dimanche pour réclamer la libération de tous les prisonniers politiques de Cuba.

Eric Faye, Tangi Salaün et Guy Kerivel pour le service français

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