La Ligue de football professionnel (LFP) a dénoncé, jeudi 16 août, "le piratage illégal de la première journée de Ligue 1 par la chaîne pirate BeoutQ, basée en Arabie Saoudite". BeoutQ utilise le satellite saoudien Arabsat pour diffuser des compétitions sportives distribuées par la chaîne qatari BeIN Sport.

BeIN sport a payé des milliards de dollars pour obtenir les droits exclusifs de diffusion en direct des matches de la Premier League et de la Ligue 1.
BeIN sport a payé des milliards de dollars pour obtenir les droits exclusifs de diffusion en direct des matches de la Premier League et de la Ligue 1. © AFP / KENZO TRIBOUILLARD

Le conflit opposant le Qatar à son géant voisin l'Arabie Saoudite se retrouve même dans le football. Et la victime n'est autre que BeIN Sport. Le réseau de télévision qatari affirme, en effet, avoir des "preuves irréfutables" sur l'implication d'un satellite saoudien dans la retransmission illégale de centaines de matches de championnats européens de football

BeIN sport qui a d'ailleurs payé des milliards de dollars pour obtenir les droits exclusifs de diffusion en direct des matches de la Premier League anglaise et de la Ligue 1 française. Ce vol représente un manque à gagner considérable pour le groupe ainsi que tous les détenteurs de droits. 

BeIN Sport accuse l'opérateur satellitaire Arabsat – majoritairement saoudien – de soutenir la chaîne illégale BeoutQ. Cette chaîne diffuse depuis le mois d'octobre 2017 des programmes du groupe qatari. "Les preuves sont irréfutables. La chaîne BeoutQ est soutenue par des Saoudiens et ouvertement promue par des personnalités saoudiennes", a déclaré Sophie Jordan, directrice des affaires juridiques de BeIN, le jeudi 16 août.  

L'Arabie Saoudite et Arabsat se disent innocents 

Ce même jeudi, la Ligue de football professionnel (LFP) a également dénoncé ce piratage. La première journée de Ligue 1, qui a débuté le week-end du 11-12 août, a largement été diffusée par BeoutQ. La LFP a alors écrit à Arabsat pour lui demander "d'empêcher BeoutQ d'utiliser ses satellites pour diffuser du contenu volé." Elle en appelle aussi à la Commission européenne pour que celle-ci "enquête sur BeoutQ et presse l'Arabie Saoudite à agir et à fermer la chaîne pirate."

De leur côté, l'Arabie Saoudite et Arabsat nient tout lien avec BeoutQ. En juin dernier, l'Arabie Saoudite a, en effet, annoncé qu'elle avait confisqué plus de 12 000 dispositifs de piratage à travers le pays. "L'Arabie Saoudite respecte la question de la protection des droits intellectuels et les conventions internationales à ce sujet. Nous prenons cette affaire au sérieux et nous allons continuer d'organiser des campagnes d'inspection en coordination avec toutes les parties concernées", avait déclaré Saoud al-Qahatani, un conseiller du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane.  

Des piratages pendant La Coupe du monde 

À l'approche du mondial de football en Russie, au mois de juin dernier, BeIN Sport avait d'ailleurs demandé à la Fifa "d'exercer une pression directe sur les pirates." La Fifa avait déclaré "prendre les violations de sa propriété intellectuelle très au sérieux."

Mais pourquoi le Qatar et l'Arabie Saoudite sont-ils fâchés ?

Les tensions entre Doha et Riyad ont toujours été vives et elles ne datent pas d'hier. Mais en juin 2017, elles se sont accentuées. En effet, l'Arabie Saoudite ainsi que de nombreux autres pays de la zone – Émirats arabes unis, Bahreïn, Égypte – ont rompu tous liens, qu'ils soient diplomatiques ou économiques, avec le Qatar. Ces pays l'accusent de soutenir des groupes terroristes comme Daech, Al-Qaïda ou encore les Frères musulmans. Certains de ces groupes armés cherchent, en effet, à nuire au royaume saoudien. 

La querelle autour de BeIN Sport n'est en réalité qu'un conflit supplémentaire qui vient alimenter des années et des années de rivalité. L'affrontement entre le Qatar et l'Arabie Saoudite se transforme désormais en une guerre numérique autour des grands événements sportifs que sont les compétitions de football, notamment. Car le foot n'est pas le seul sport à avoir été diffusé de façon illégale. La Formule 1 aussi a été victime, en juin dernier, de piratage par la chaîne BeoutQ.

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