Pour l'intérêt de l'Italie , il s'éloignait de la vie politique et annonçait officiellement qu'il ne briguerait pas un quatrième mandat de Président du Conseil des ministres.

Pour l'intérêt des Italiens, il revient sur cette parole et entend conduire la liste du Centre Droit aux prochaines élections de 2013

Silvio Berlusconi
Silvio Berlusconi © Radio France / MA

Silvio Berlusconi est un habitué des volte face. Quand son premier gouvernement tombe en 1995, il fustige les policitiens professionnels et se retire de la vie politique. Mais il se présente contre Prodi en 1996. Et perd.On le dit fini.

Il en tire toutes les conclusions et se retire de la vie politique. En coulisses, il s'active, monte des alliances avec Fini et Bossi et le revoilà en 2001. L'attelage qui n'avait pas tenu en 1994 fonctionne cette fois ci.

En 2006, Berlusconi qui perd une deuxième fois contre Prodi crie à la fraude électorale des communistes et s'éloigne du champ politique. On le dit fini.

Puis profitant d'une coalition de gauche trop large pour exister (du centre à l'extreme gauche) il signe un retour gagnant inespéré en 2008. Veltroni la nouvelle star de la gauche a volé en éclats face à lui.

Et nous voilà un soir de 2011. Il démilssionne mais tous les termes de sa lettre annonce qu'il part en campagne dans la seconde qui suit. Pourtant on le dit fini.

On a tout entendu... Mario Monti est finalement populaire... le Parlement suit le gouvernement technique dans ses choix... Le peuple est avec Monti... Une nouvelle Italie...Berlusconi ne dispose plus de connexions avec les élus... La preuve que non. Le Centre Droit lui redonne les clés pour conduire la bataille des Législatives.

Cette semaine, Berlusconi attaque l'équipe Monti et les réformes impopulaires. Jusqu'ici, il avait gardé le silence. Les mots qu'ils profèrent sont offensifs. L'Italie va plus mal que l'an dernier quand je le l'ai laissée. Nous ne soutiendrons plus ce gouvernement technique" .

Mario Monti fatigué par les jeux de cache cache de Berlusconi présentera sa démission après le vote du buget et met en garde les députés : "Si vous ne le votez pas en l'état, l'Italie va dans le mur".

Mario Monti a travaillé dans un étau. Un exemple parlant. Pour abbaisser les couts énomes de l'administration publique, il a voulu réduire le nombre de parlementaires mais aussi leurs indemnités. Equipes réduites et frais diminués. Le tolé en interne fait reculer Monti, contraint d'opérer des coupes dans les services publics : santé, éducation, culture, recherche. Des secteurs liés à la vie quotidienne des citoyens frappés de plein fouet par ces réformes.

Berlusconi dénonce alors l'Europe qui déchire le portefeuille des Italiens . Nul ne sait encore ce que fera Mario Monti, (beaucoup d'observateurs le voient Président de la République, fonction honorifique en Italie), et dans l'éventualité où il ne se présente pas aux Législatives, on assistera à un duel Berlusconi/ Bersani.

Silvio Berlusconi qui a perdu de sa superbe auprès des Italiens ne gagnera peut être pas ces élections. Mais la campagne qui vient sent le souffre. Berlusconi fera de l'anti Europe. Il vantera le protectionnisme, la sortie de l'Euro et des étrangers qui ne comprennent rien à ce qu'est l'Italie . (Il peut remercier les titres de la presse européenne qui tire à boulets rouges sur sa personne. Parfait pour être victimisé). Bersani fera de l'anti Berlusconi et l'on verra encore un affrontement aux allures réferendaires "pour ou contre le retour du Caïman". Les réels enjeux du futur seront ignorés . Le Parti Démocrate qui a réussi ses prilmaires sans pour autant porter un programme digne de ce nom devra éviter le piège de l'arrogance.

Berlusconi n'est pas fini. En deux jours, il redevient un pion majeur de l'échiquer politique quand la droite semblait se reconstituer autour d'un pole libéral de grands entrepreneurs (Montezemolo) et de centristes catholiques (Casini). Ce groupe façon Démocratie Chrétienne liberale qui grandissait à la marge du parti berlusconien est contré par l'annonce du Cavaliere.

Et Ruby qui devait témoigner à la barre du tribunal de Milan dans une affaire de proxénétisme aggravé et détournement de mineurs (Rubygate) ne s'est pas présentée. Elle est introuvable . Un avis de recherche a été lancée. Et l'audience est reportée.

Silvio Berlusconi a pris tout le monde par surprise . Encore une fois.

@EricValmir sur Twitter

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