silvio berlusconi replonge l'italie dans la crise politique
silvio berlusconi replonge l'italie dans la crise politique © reuters

Une vingtaine de sénateurs issus du Peuple de la liberté (PDL) de Silvio Berlusconi se disent prêts à former un groupe dissident. Cela pourrait faire échouer la stratégie du Cavaliere visant à déstabiliser le gouvernement de coalition.

Un gouvernement, mené par Enrico Letta, et en sursis depuis la démission de cinq ministres fidèles à l'ex-président du Conseil.

Un responsable du PDL (droite) a confié à Reuters qu'une vingtaine de sénateurs allaient faire état auprès de Silvio Berlusconi de leur volonté de créer une nouvelle formation, s'il n'assouplissait pas ses positions envers Enrico Letta, issu du Parti démocrate (PD), formation dominante de la gauche.

Si Silvio n'accepte pas de faire des concessions par rapport à ce que demandent les plus durs, nous pourrions former un nouveau groupe modéré d'ici mercredi.

Après l'annonce du départ de ces cinq membres du gouvernement issus du PDL, officiellement en raison de la hausse d'un point de la TVA, Enrico Letta s'est dit prêt à remettre son sort entre les mains du Parlement, où un vote de confiance devrait être organisé mercredi.

L'analyse de Massimo Nava, éditorialiste au Corriere della Sera, au micro d'Angélique Bouin.

Si le président du Conseil n'a pas d'inquiétudes à avoir du côté des députés, où son parti est nettement majoritaire, il compte ouvertement sur une dissidence du PDL au Sénat, où le PD n'est que le deuxième parti depuis que le résultat complexe des élections législatives de février a obligé les deux grandes formations à constituer un gouvernement de coalition.

Le parti de Berlusconi se disloque-t-il ?

D'ici mercredi, Silvio Berlusconi compte resserrer les rangs dans son parti, à l'intérieur duquel les tensions sont de plus en plus marquées entre durs et modérés.

Il a balayé dimanche d'un revers de main les rumeurs de dissensions et s'est dit convaincu qu'un gouvernement soutenu par des "traîtres" ne survivrait pas bien longtemps.

Les cinq ministres PDL qui ont démissionné, à la demande de l'ancien président du Conseil, ont cependant exprimé leurs réserves, voire leurs désaccords avec cette décision susceptible de replonger l'Italie dans une crise politique durable.

La crise du gouvernement italien
La crise du gouvernement italien © Radio France

Quant au président Giorgio Napolitano, qui peut provoquer des élections anticipées, il souhaite éviter un retour aux urnes qui, en l'absence de réforme du système électoral, risquerait d'accoucher à nouveau d'un Parlement sans majorité.

Dans ce contexte d'incertitudes politiques, l'agence de notation Fitch a évoqué une possible dégradation de la note de la dette souveraine italienne, actuellement évaluée BBB+, si Rome ne maintenait pas ses efforts de réduction du déficit.

Les principales organisations patronales italiennes ont prévenu pour leur part que l'effondrement de la coalition gouvernementale aurait de graves conséquences sur l'économie du pays, qui peine à sortir d'une récession longue de deux ans.

Les grands syndicats ont de leur côté exprimé leur crainte d'une mise sous surveillance spéciale de Rome par l'Union européenne (UE), la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI).

À Bruxelles, la Commission européenne a dit suivre la situation italienne "très attentivement", se refusant à tout autre commentaire. Le gouvernement n'a pas réussi vendredi à adopter des mesures destinées à maintenir le déficit sous le seuil de 3% du produit intérieur brut (PIB).

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