silvio berlusconi ne soutient plus le gouvernement italien
silvio berlusconi ne soutient plus le gouvernement italien © reuters

par Catherine Hornby

ROME (Reuters) - Silvio Berlusconi a annoncé samedi lors du congrès de son parti de centre-droit le retrait de son soutien au gouvernement de coalition d'Enrico Letta tout en admettant son incapacité à le faire chuter en raison de la défection de plusieurs de ses élus.

La veille, Angelino Alfano, secrétaire général du Peuple de la Liberté (PDL) et ancien fidèle du "Cavaliere", a en effet annoncé la création d'un groupe parlementaire dissident soutenant le gouvernement.

Silvio Berlusconi, qui entend redonner au PDL son ancien nom de Forza Italia lors du congrès, s'est dit "chagriné" par cette décision mais néanmoins "ouvert à la coopération" avec ses anciens partisans.

"Il est très difficile de penser que nous pouvons rester alliés au Parlement, et par-dessus tout assis autour de la même table au gouvernement, avec quelqu'un qui veut la mort politique de votre chef", a dit aux délégués du parti Silvio Berlusconi.

Enrico Letta s'est prononcé en faveur de la déchéance du "Cavaliere" de son mandat de sénateur après sa condamnation pour fraude fiscale. La Haute Assemblée doit se prononcer par un vote en séance plénière le 27 novembre.

Les dissidents regroupés autour d'Angelino Alfano, au nombre d'une vingtaine d'élus, devraient permettre au "governissimo" d'Enrico Letta de se maintenir au pouvoir.

En octobre, ce cabinet allant de la gauche à la droite avait survécu grâce, déjà, à l'appui des "rebelles" du PDL à une motion de censure déposée par l'opposition.

"A l'heure actuelle et après la décision prise par 23 de nos sénateurs le 2 octobre, nous n'étions pas capables et nous ne sommes toujours pas capables de précipiter la chute du gouvernement", a reconnu le "Cavaliere".

Ce dernier a également admis que la défection d'Angelino Alfano et de ses amis lui avait causé" "beaucoup de peine", des propos qui ont déclenché dans la foule assistant au congrès du PDL des cris de "traîtres".

L'orateur n'a toutefois pas voulu couper définitivement les ponts avec les "rebelles", qui se sont provisoirement baptisés "Nouveau centre-droit".

"Ce groupe, même s'il paraît vouloir soutenir la gauche, devra nécessairement faire partie de la (future) coalition de centre-droit", a-t-il dit.

Avec James Mackenzie; Tangi Salaün et Jean-Loup Fiévet pour le service français

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