Les élections en Birmanie
Les élections en Birmanie © Amanda Mustard/AP/SIPA

Le président par intérim du parti au pouvoir en Birmanie a reconnu ce lundi sa défaite face au parti de l'opposante et prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi aux premières élections libres organisées depuis 25 ans.Le parti de l'opposante Aung San Suu Kyi est donné favori et revendique plus de 70% des sièges

Ce scrutin était un test pour la transition démocratique amorcée il y a quatre ans, avec l'autodissolution de la junte qui a régné d'une poigne de fer depuis 1962. Une junte qui avait enfermé l'opposante Aung San Suu Kyi, lauréate du prix Nobel de la paix, durant quinze ans en résidence surveillée, jusqu'en 2010. Le résultat ne sera connu que dans plusieurs semaines. Plus de 30 millions de birmans se sont pressés dans les bureaux de vote dans la joie dimanche.

Le reportage à Rangun d'Isabelle labeyrie

L’armée reste une puissance politique à part entière

Si l'entrée au Parlement du parti d'Aung San Suu Kyi à la faveur d'élections partielles en 2012 a ouvert la voie de la démocratisation du pays, le régime reste dominé par d'ex-généraux, soucieux de défendre les intérêts de l'ancienne garde sous couvert d'assurer une transition en douceur. Par ailleurs, l'armée reste une puissance politique à part entière, avec un quart des sièges du Parlement, réservés à des militaires non élus.

Le parti d’Aung San Suu Kyi donné favori

Le parti d'Aung San Suu Kyi revendique plus de 70% des sièges. L'opposante birmane s'est dite confiante dans sa victoire mais a appelé ses partisans à la patience lundi, jugeant qu'il était "trop tôt" pour célébrer les législatives de dimanche. Quelque 90 partis étaient en lice pour ces législatives. Parmi eux, les deux principaux : la LND, la Ligue nationale pour la démocratie de Suu Kyi et le Parti pour la solidarité et le développement de l'Union, le parti au pouvoir, emmené par d'anciens généraux ayant abandonné l'uniforme pour participer aux élections controversées de 2010. Le jeu politique est toutefois compliqué par la présence de dizaines de partis représentant les minorités ethniques, notamment dans les régions des zones frontalières. Susceptibles de remporter de nombreux sièges de parlementaires, ils pourraient donc jouer un rôle clé dans toute coalition post-électorale.

Le nom du prochain président du Parlement ne sera pas connu avant mars

La première étape du nouveau Parlement sera de choisir le prochain président, un processus complexe qui n'aura pas lieu avant mars. Suu Kyi ne pourra pas se présenter en raison d'un article de la Constitution qui bloque l'accès à la fonction suprême pour les personnes ayant des enfants de nationalité étrangère. Or ses deux enfants sont britanniques. Son parti n’a pas encore révélé le nom de son candidat. Aung San Suu Kyi a prévenu qu'elle serait "au-dessus du président" en cas de victoire de la LND.

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