Donald Trump n'est pas le premier président auquel s'est frotté le journaliste Bob Woodward, à l'origine du scandale du Watergate qui a poussé Richard Nixon à la démission. Dans son dernier livre, celui-ci décrit, sur la base de nombreux témoignages d'anciens collaborateurs, un "élève de CM2" à la Maison-Blanche.

Bob Woodward vient de publier "Fear", "un autre mauvais livre" selon le président américain
Bob Woodward vient de publier "Fear", "un autre mauvais livre" selon le président américain © AFP / Mandel Ngan, Jim Watson

Le moins qu'on puisse dire, c'est que nombre de ceux qui ont travaillé avec Donald Trump semblent en avoir gardé un souvenir désastreux. La légende du journalisme Bob Woodward n'a donc eu aucun mal à trouver des témoignages très critiques sur le président américain et sa gestion du pays (des ragots ou des inventions, selon le principal intéressé).

Prenez John Kelly par exemple, secrétaire général de la Maison Blanche (traditionnellement l'homme qui côtoie le plus le président), qui le qualifie carrément "d'idiot" : "ça ne sert à rien d'essayer de le convaincre de quoi que ce soit. Il a totalement déraillé. Je ne sais même pas pourquoi nous sommes ici, c'est le pire boulot que j'ai jamais eu..."

Plus inquiétant, cet échange téléphonique qu'il aurait eu avec le général Jim Mattis, ministre de la Défense, où le président américain évoque Bachar al-Assad : "Tuons-le, bordel ! Allons-y, on leur rentre dedans et on les bute." Le général conteste les "mots méprisants" qu'il aurait ensuite eus envers le président (qualifié "d'élève de CM2 ou de 6e")... Mais pas l'épisode lui-même.

"Je ne vais pas rester assis et le laisser passer pour un idiot"

Du côté des anciens conseillers de la Maison-Blanche, le ton est plus assumé mais tout aussi acerbe. L'un de ses conseillers économiques le qualifie de "menteur professionnel", tandis qu'un ancien chef du personnel appelle la chambre du président "l'atelier du diable" et les heures où il tweete "l'heure des sorcières". Le même raconte l'ambiance catastrophique dans l'entourage de Donald Trump : "quand vous mettez un serpent, un rat, un faucon, un lapin, un requin et une otarie dans un zoo sans mur, les choses tournent mal."

Un ancien conseiller juridique du président raconte de son côté son malaise quand il fallait le défendre. Lors d'une réunion, il l'a supplié de ne pas participer à une entrevue avec le procureur spécial Robert Mueller, chargé de l'enquête sur le rôle de la Russie lors de la présidentielle. John Dowd aurait alors expliqué à ce dernier : "je ne vais pas rester assis et le laisser passer pour un idiot. Parce que si vous publiez ensuite la retranscription de l'entretien, le reste du monde va dire : je vous avais bien dit que c'était un idiot, une espèce de débile. Pourquoi on voudrait traiter avec un idiot pareil ?"

Au milieu de tous ces témoignages, il en manque un, que Bob Woodward aurait pourtant rêvé d'avoir : celui de Donald Trump lui-même. Il assure avoir tenté de l'interroger, mais n'a eu droit qu'à un coup de téléphone du président, (dont le Washington Post publie la retranscription) où ce dernier lui a lancé :

"Vous savez que je fais un travail extraordinaire pour le pays ? Vous comprenez tout ça ? Enfin j'espère..." Il ne l'a visiblement pas convaincu.

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