Un mini-sommet consacré à la lutte contre le groupe islamiste qui a enlevé 276 lycéennes dans le nord du Nigeria à la mi-avril se tiendra samedi à Paris.

Capture You Tube de la vidéo de Boko Haram rendue public le 12 mai 2014
Capture You Tube de la vidéo de Boko Haram rendue public le 12 mai 2014 © DR / DR

"Nous ne devons pas discuter avec ces groupes, nous devons les combattre", a déclaré ce lundi le président français en marge de sa visite en Arménie.

Dans une vidéo de vingt-sept minutes rendue publique ce lundi, le chef de Boko Haram, Abubakar Shekau, se vante d'avoir converti les lycéennes enlevées le 14 avril dans l’Etat à majorité chrétienne de Borno, au nord-est du pays, et se dit prêt à les libérer en échange de prisonniers de son groupe. L'enregistrement montre également des dizaines de jeunes femmes assises par terre, en plein air dans un lieu non identifié. Couvertes de voiles gris ou noirs, elles prient et récitent le premier chapitre du Coran. Deux d’entre elles témoignent de leur conversion récente à l’islam, tandis qu’une troisième indique qu’elle était déjà musulmane.

À aucun moment, le chef de la secte islamiste apparaît à leurs côtés. Mais dans un message de dix-sept minutes inséré dans la vidéo, Abubakar Shekau apparaît devant un fond vert, en tenue militaire, avec une arme automatique. S’exprimant en arabe, puis en houssa, la langue la plus répandue au nord du Nigéria, il revendique à nouveau l’enlèvement des lycéennes de Chibok et prétend les avoir "libérées" en les convertissant à l’islam. Il envisage la libération de "celles qui ne sont pas converties" en échange de la libération de "frères" appartenant à Boko Haram et emprisonnés par les autorités nigérianes.

Sommet africain à Paris

Réagissant à cette vidéo en marge de sa visite en Arménie, le président français, François Hollande, a rejeté toute négociation avec le groupe Boko Haram, estimant au contraire que "la seule réponse qu'il convient d'apporter est une réponse de sécurité". Il a également confirmé la tenue d'un sommet extraordinaire samedi, à Paris, auquel participeront le président du Nigéria, Goodluck Jonathan, et les dirigeants du Tchad, du Bénin, du Cameroun et du Niger. Des représentants de l'Union européenne, du Royaume-Uni et des Etats-Unis ont aussi été invités dans la capitale française.

Le président français adresse un message de fermeté à Boko Haram

À Lagos, le président nigérian a salué l’aide offerte à son pays par la communauté internationale. Très critiqué pour son inaction dans les premiers jours qui ont suivi l’enlèvement des 276 lycéennes, Goodluck Jonathan s’est dit "très optimiste" quant à l’issue des recherches qui se poursuivent avec l’appui logistique d’experts américains, britanniques et français. Selon des sources militaires nigérianes, deux unités antiterroristes étrangères sont déjà sur place. "Elles se sont rendues dimanche à Chibok pour des investigations préliminaires, avec nos soldats et des experts, avant se soit lancée l'opération de sauvetage", précisent encore ces sources citées par Reuters.

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