A la surprise générale, le nouveau Premier ministre Theresa May a nommé Boris Johnson, ancien maire de Londres haut en couleur, au poste de ministre des Affaires Étrangères.

Boris Johnson lors d'un discours le 30 juin 2016
Boris Johnson lors d'un discours le 30 juin 2016 © Reuters / Toby Melville

Boris Johnson, un temps donné favori pour devenir Premier ministre après la déflagration nationale du Brexit, revient dans la course au poste de chef de la diplomatie. Sa nomination n’a pas manqué de provoquer la surprise dans l’ensemble de la classe politique britannique, puisque l’ex-maire de Londres (nommé en 2008 puis réélu en 2012) s’est déjà ridiculisé pour avoir joué un rôle déterminant dans la sortie du Royaume-Uni de l'UE, avant de finalement renoncer à l'énorme tâche de mettre effectivement en oeuvre ce processus. Le géant à la tignasse en bataille, surnommé BoJo, est d’ailleurs plutôt connu pour ses bourdes et son franc-parler humoristique, dont il aura peut-être à subir les retours de bâton, une fois installé dans son nouveau siège ministériel.

Sacrifier la diplomatie pour un bon mot

Car Boris Johnson a toujours préféré sacrifier la diplomatie pour un bon mot : quand il compare, en pleine campagne référendaire pour le Brexit, les buts de l'UE avec les visées d'Adolf Hitler et de Napoléon, quand il compare Hillary Clinton à une "une infirmière sadique dans un asile d'aliénés" ou Barack Obama, qu’il décrit "en partie kényan", ce qui explique, selon Boris Johnson, son "aversion ancestrale de l'empire britannique."

Revoir : Boris Johnson invité du 7/9 de France Inter en mars 2013.

C’est le premier poste ministériel qui est offert à cet ex-journaliste, payé rubis sur l’ongle pour sa chronique dans le Télégraph ( dont celle datée du 26 juin semblait totalement décalée), qui s’est aussi fait connaitre pour sa participation à des émissions humoristiques à la télévision britannique. Dès l'annonce de la nomination de Boris Johnson au Foreign Office, le département d'Etat américain a fait savoir qu'il était impatient de travailler avec lui.

Membre d'un gouvernement Pro-Brexit

Par ailleurs, Boris Johnson n'aura finalement pas à traiter pour son pays les modalités de sortie de l'Europe, puisque le nouveau Premier ministre Theresa May a nommé un ministre en charge de cette mission : David Davis, au ministère du Brexit (ancien président du Parti conservateur et ancien secrétaire d'Etat aux Affaires européennes). Philip Hammond, ancien ministre des Affaires étrangères et eurosceptique confirmé, a été le premier à être nommé, au portefeuille des Finances, signant la disgrâce de George Osborne, fidèle lieutenant de David Cameron. Amber Rudd, elle, devient ministre de l'Intérieur : cette ancienne ministre de l'Energie de David Cameron, s'impose comme l'une des figures féminines de premier plan du gouvernement de Theresa May, deuxième femme à devenir premier ministre après Margaret Thatcher (1979-1990).

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