Le soldat américain Bradley Manning, condamné à 35 ans de prison pour divulgation d'une masse d'informations confidentielles via le site internet WikiLeaks, a fait savoir jeudi qu'il espérait être gracié et qu'il se considérait comme une femme.

Les précisions aux Etats-Unis d'Aurélien Colly

Bradley Manning a déclaré dans un communiqué lu lors de l'émission "Today" de la chaîne de télévision américaine NBC News :

Comme je commence une nouvelle étape de ma vie, je veux que tout le monde sache qui je suis vraiment. Je suis Chelsea Manning. Je suis une femme. Compte tenu de ce que je ressens et ai ressenti depuis l'enfance, je veux commencer un traitement hormonal dès que possible

Son avocat, David Coombs, a précisé que Bradley Manning souhaitait suivre une thérapie hormonale et non subir une opération pour changer de sexe :

J'espère que Fort Leavenworth fera ce qu'il faut et fournira cela. Si Fort Leavenworth ne le fait pas, je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour être certain qu'ils seront contraints de le faire.

L'armée a répondu via son porte-parole :

L'armée ne fournit pas de traitement hormonal ou d'intervention chirurgicale de changement de sexe.

Les détenus militaires peuvent consulter des psychiatres, des psychologues, des travailleurs sociaux et des spécialistes des sciences du comportement, a-t-elle dit.

La grâce d'Obama ?

Barack Obama
Barack Obama © REUTERS/Larry Downing

"Je pense que le but est d'être bien dans sa peau et d'être la personne qu'elle n'a jamais eu l'opportunité d'être", a déclaré David Coombs, précisant que Bradley Manning ne souhaitait pas être envoyé dans une prison pour femmes.

L'avocat a également indiqué lors de l'émission qu'il s'attendait à ce que son client soit gracié par Barack Obama, auprès de qui il a déposé une demande.

En 2010, Bradley Manning, qui était alors analyste des services de renseignement en poste à Bagdad, avait transmis plus de 700 000 dossiers classés, vidéos de combats et télégrammes diplomatiques confidentiels au site WikiLeaks, propulsant cette organisation et son fondateur, Julian Assange, sous les feux de l'actualité.

Pendant son procès, un expert psychiatre, David Moulton, a affirmé que Bradley Manning souffrait de troubles de l'identité sexuelle , de narcissisme et de troubles obsessionnels compulsifs.

Les avocats de la défense ont déclaré que le soldat avait été de plus en plus isolé et souffrait de stress lorsqu'il a transmis les documents, des signes auxquels ses supérieurs n'ont pas prêté attention.

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