Dilma Roussef lors de sa victoire au premier tour
Dilma Roussef lors de sa victoire au premier tour © REUTERS/Ueslei Marcelino / REUTERS/Ueslei Marcelino

42% des voix pour la présidente sortante, 34% pour le centriste Aecio Neves. Ils seront opposés le 26 octobre pour le second tour. Avec 21% des voix, l'écologiste évangéliste Marina Silva est éliminée.

L'ex-ministre de l'Environnement de Lula, qui a rompu avec le Parti des travailleurs pour adhérer au Parti socialiste brésilien (PSB), avait pourtant rebattu les cartes de la campagne électorale après le décès dans un accident d'avion, le 13 août, d'Eduardo Campos, le candidat initial du PSB. Fin août, les sondages la donnaient même en possible vainqueur du second tour. Mais la dynamique s'est enrayée courant septembre à mesure que la machine électorale du Parti des travailleurs a concentré ses attaques contre elle.

Au terme d'une campagne électorale particulièrement serrée, le slogan d'Aecio Neves sur le "changement dans la sécurité" lui a permis de remonter dans les sondages. Le candidat favori des milieux d'affaires a également pu mettre en avant son expérience avec deux mandats de gouverneur. Il a finalement réussi à convaincre suffisamment d'électeurs de l'opposition qu'il était le meilleur pari pour battre la présidente Rousseff, toujours populaire chez les pauvres malgré la mauvaise santé de l'économie brésilienne.

Dilma Roussef malgré les mauvais résultats économiques

Dilma Rousseff, qui bénéficie de la force de frappe du Parti des travailleurs, s'est appuyé sur une base électorale solide parmi les classes populaires choyées par son prédécesseur Luiz Inacio "Lula" da Silva, qui est aussi son mentor.

Personne n'aurait pourtant donné cher de son avenir l'an dernier quand plus d'un million de Brésiliens étaient descendus dans les rues. Les manifestations, à l'origine contre l'augmentation des tarifs dans les transports publics, avaient débordé sur des thèmes beaucoup plus large et beaucoup pensaient alors que les Brésiliens ne voulaient plus du Parti des travailleurs.

Il y a encore trois semaines, les chances de réélection de Dilma Rousseff pour un second mandat de quatre ans semblaient des plus minces. Mais la chef de l'Etat a peu à peu rattrapé son retard, aidée en cela par l'avantage considérable que lui procure la législation brésilienne, lui conférant un accès privilégié aux médias durant la campagne pour le premier tour.

Lutter contre la corruption, Internet pour tous, consolider les avantages sociaux...

Alors qu'elle affichait une croissance de 7,5% en 2010, l'année de son élection, l'économie brésilienne est pourtant entrée en récession au deuxième trimestre de cette année, plombée par la fin du boom des matières premières et la dégradation de la confiance des milieux d'affaires face à l'interventionnisme de l'Etat dans des secteurs comme l'électricité et le bâtiment. Mais le chômage reste historiquement bas, ce qui entretient la popularité de la sortante dans les milieux populaires.

Dilma Rousseff doit néanmoins convaincre ses concitoyens qu'elle peut et va faire mieux. Sous le slogan "Nouveau gouvernement, nouvelles idées", elle a promis de consolider les avantages sociaux, de développer des logements pour les revenus modestes et l'accès à internet pour tous ou encore de lutter contre la corruption. Les premiers moots de Dilma Roussef quelques minutes après l'annonce des résultats :

La lutte continue, le peuple uni ne sera jamais vaincu.

Le système politique brésilien
Le système politique brésilien © Radio France
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