Lula et Dilma Rousseff
Lula et Dilma Rousseff © REUTERS/Paulo Whitake

Le Brésil manifeste ce dimanche pour réclamer le départ de sa présidente de gauche, prise dans une crise politique et judiciaire majeure qui pourrait bien lui coûter sa place. Plus d'un million de manifestants sont attendus dans tout le pays (sur une population totale de 200 millions).

Les organisateurs, des mouvements citoyens marqués à droite, avaient déjà rassemblé 1,7 million de personnes lors d'un précédent rassemblement, il y a tout juste un an. Pour la première fois, les partis d'opposition ont choisi de rejoindre leur appel pour cette nouvelle journée d'action.

Il faut dire que l'occasion est trop belle pour les opposants de Dilma Rousseff. Elle subit d'abord le contrecoup des récents déboires judiciaires de son mentor, l'ancien président Lula da Silva , embourbé dans le scandale de corruption Petrobras (qui aurait permis à des élus de son parti et de sa coalition gouvernementale de juteuses commissions sur des contrats du groupe pétrolier d'État).

Une procédure de destitution en cours

Autre menace directe : le Parti du mouvement démocratique brésilien, membre essentiel de sa coalition, envisage de plus en plus sérieusement de l'abandonner . Samedi, les centristes ont décidé de se donner un délai de 30 jours pour prendre leur décision. Enfin, le contexte économique est loin d'être idéal (recul de la croissance, forte inflation) à quelques mois des futurs et coûiteux jeux Olympiques.

Depuis décembre dernier, la présidente est menacée par une procédure parlementaire de destitution lancée par l'opposition, qui l'accuse d'avoir maquillé des comptes publics depuis sa réélection en 2014. Tout va se jouer sur le vote des députés, qui peuvent la mettre en accusation, et du Sénat, seul habilité à la destituer. À chaque fois, il suffirait que deux-tiers des élus votent contre elle.

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