Dilma Rousseff présidente de la République du Brésil
Dilma Rousseff présidente de la République du Brésil © Reuters / Ueslei Marcelino

Nouvelle journée de manifestations au Brésil, dans 240 villes du pays, pour exiger le départ de la présidente Dilma Rousseff aux prises avec un vaste scandale de corruption. Pour la troisième fois cette année, les Brésiliens descendent dans la rue ce dimanche. La mobilisation a été convoquée sur les réseaux sociaux par des groupements de droite tel le Mouvement Brésil Libre (MBL), qui se définit comme la «nouvelle droite», le mouvement «Vem Pra Rua» (Viens dans la rue) ou «Revoltados on line» («Révoltés en ligne»).

Difficultés économiques et corruption

Depuis sa difficile réélection, en octobre, Dilma Rousseff est engluée dans la crise politique la plus grave depuis la destitution de Fernando Collor de Mello, en 1992. La présidente est éclaboussée par le scandale Petrobas, la plus grave affaire de corruption de l’histoire du Brésil : trois milliards d’euros détournés des comptes du géant pétrolier brésilien Petrobras. Dilma Rousseff est mise en cause car elle a longtemps présidé le conseil d'administration de l'entreprise publique. Des ministres et des dizaines de parlementaires font l'objet d'enquêtes officielles.

Elle pâtit également de la crise économique et des mesures d’austérité qu’elle a imposées. La classe moyenne est la première victime de l'augmentation des prix. Le Brésil, 7e économie de la planète est au bord de la récession avec une inflation de 9% sur les 12 derniers mois.

Cote de popuarité au plus bas

A 67 ans, Dilma Rousseff, est désormais la présidente du Brésil la plus impopulaire depuis la fin de la dictature militaire en 1985.Sa cote de popularité est tombée à 8% . Mais la présidente tient bon : «Je continuerai à travailler pour honorer et réaliser vos rêves», a-t-elle promis mercredi à l’issue d’une manifestation de 35.000 femmes de zones rurales qui ont défilé dans la capitale Brasilia pour la soutenir. Dilma Rousseff en appelle à son passé de lutte contre la dictature militaire (1964-1985) pour prévenir qu’elle résistera à ce que la gauche taxe d’«offensive putschiste». «Je ne tomberai pas, a-t-elle martelé. Nul ne m’ôtera la légitimité du vote populaire.»

Combien de temps encore Dilma Rousseff peut-elle tenir ? Décryptage d'Anne Vigna

Pour la première fois, l'opposition soutient les manifestations

Les manifestations ont pour la première fois le soutien explicite du Parti de la sociale démocratie ( PSDB opposition centre-droit) dirigée par Aecio Neves, candidat malheureux à la présidentielle de 2014. M. Neves a déclaré qu’il voulait y participer personnellement. Certains ténors n'hésitent plus à réclamer des élections anticipées.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.