Vendredi 31 janvier, à minuit, après 47 ans d’une vie commune mouvementée, le Royaume-Uni est sorti de l'Union européenne. Dans les faits très peu de choses vont changer d’ici la fin de l’année 2020. Nous entrons dans une période dite de "transition" prévue par l'accord de retrait et le plus dur reste à faire.

Le Royaume-Uni veut conclure l'accord sur la future relation avec l'UE avant le 31 décembre 2020
Le Royaume-Uni veut conclure l'accord sur la future relation avec l'UE avant le 31 décembre 2020 © AFP / Tolga AKMEN

Ce qui change 

  • Londres ne participe plus aux décisions de l’UE

Londres n’est plus à la table des conseils européens, ces réunions de chefs d’État et de gouvernement qui décident de la bonne marche de l’Union européenne, et les ministres britanniques ne participent plus non plus aux réunions ministérielles par secteur à Bruxelles. Le pays n’a plus de commissaire à la Commission et les 73 eurodéputés devront avoir définitivement fait leurs cartons le 7 février. Le Parlement a redistribué 27 de ces sièges à des pays membres qui étaient sous-dotés au regard de leur population (cinq pour la France) et mis en réserve les 46 autres pour de futurs États membres qui frapperaient à la porte. 

Ce qui ne change pas 

  • La libre circulation des biens, des services et des citoyens et les droits et devoirs de chaque partie dans tous les domaines

Pas de panique dans les aéroports, pas de crise de nerf pour les douaniers ou les entreprises, les étudiants Erasmus peuvent encore dormir sur leurs deux oreilles et profiter des cours, les pêcheurs français jeter leurs filets dans les eaux britanniques très poissonneuses : comme le prévoit l'accord de retrait, toutes les règles du marché unique continuent de s’appliquer jusqu’à la fin de l’année. Les 3,5 millions de citoyens européens qui vivent Outre-Manche et les Britanniques qui vivent à l’extérieur du Royaume-Uni gardent tous leurs droits de circulation, de travail et de retraite.

Londres va aussi continuer à payer sa contribution au budget européen pendant cette période et les Britanniques restent soumis aux décisions de la Cour européenne de Justice et au Droit de l’UE. Enfin, rien ne se passe à la frontière entre les deux Irlande. Le compromis trouvé dans la douleur au Conseil européen d’octobre dernier entre Londres et les 27 ne s’appliquera que dans 11 mois.

  • 11 mois pour définir la future relation commerciale : un challenge

11 mois, c’est très court voire impossible, selon de nombreux diplomates européens, pour négocier les grandes lignes de la relation future entre Bruxelles et le Royaume-Uni. Londres a jusqu’au 1er juillet 2020 pour demander une prolongation de cette période de transition d‘un à deux ans maximum, mais ce n’est pas le souhait du Premier ministre britannique Boris Johnson, qui veut en finir au plus vite. Une négociation qui s’annonce encore plus ardue que celle sur l’accord de retrait et qui pourrait tout à fait échouer.

Reviendrait alors le spectre d’un "no deal", dévastateur pour les économies, même si États et entreprises s’y sont déjà préparés et que des mesures d’urgence ont été anticipées.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.