A Bruxelles, la Première ministre britannique Theresa May doit, avant dimanche soir, boucler avec le président de la Commission européenne l’accord nécessaire à la première phase des négociations du Brexit.

A Bruxelles, Theresa May accueillie par le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017.
A Bruxelles, Theresa May accueillie par le président de la commission européenne Jean-Claude Juncker, le 8 décembre 2017. © AFP / EMMANUEL DUNAND

Vendredi, Theresa May est arrivée à Bruxelles accompagnée de son ministre du Brexit David Davis "pour de nouvelles discussions sur le Brexit", a précisé Downing Street. Pendant leur rencontre avec le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le négociateur en chef de l'UE Michel Barnier, le chef de cabinet de Juncker, Martin Selmayr s'est fendu d'un tweet évocateur, tandis que la commission a annoncé dans la foulée, que des "progrès suffisants" ont été fait : elle recommande désormais le passage à la deuxième phase des négociations.

Le temps presse pour Theresa May, qui veut passer à une deuxième phase de négociations consacrée à la future relation entre l'UE à 27 et le Royaume-Uni, notamment commerciale. Une deuxième phase réclamée avec insistance par Londres. 

La question de l'Irlande pose problème

Les Européens avaient donné jusqu'à dimanche au Royaume-Uni pour finaliser ce premier accord provisoire, pour pouvoir ensuite donner le délai nécessaire aux dirigeants des 27 Etats restant dans l'UE pour l'étudier et donner leur accord lors d'un sommet le 14 et 15 décembre.  L'Union européenne et le Royaume-Uni n'avaient pourtant pas réussi lundi, après un déjeuner entre le président Juncker et Theresa May, à boucler cet accord sur les modalités de leur divorce, notamment en raison de l'avenir de la frontière avec l'Irlande, ultime obstacle à cette deuxième phase de négociations.

Cette question est l'une des trois priorités de cette première phase des négociations du Brexit, avec le règlement financier de la séparation et les droits des citoyens expatriés. Les Européens exigeaient alors des "progrès suffisants" sur ces trois fronts pour accepter d'ouvrir une seconde phase de discussions incluant les négociations commerciales réclamées avec insistance par Londres. 

Discussions intenses

Theresa May avait affirmé mercredi que Londres et Bruxelles étaient "sur le point" de passer à la seconde phase des négociations. Jeudi midi, le porte-parole de la Commission européenne Margaritis Schinas indiquait que l'UE était "toujours en discussions avec Londres". Dans la soirée, un porte-parole de Downing Street avait simplement affirmé que "les discussions sur l'avancée du processus du Brexit sont en cours". 

Un responsable du DUP, petit parti unioniste nord-irlandais qui avait refusé de donner son blanc seing au premier projet d'accord en début de semaine, avait lui aussi sobrement indiqué jeudi soir que les discussions se poursuivaient. 

Les difficultés rencontrées dans les négociations ont conduit la Première ministre écossaise à accuser jeudi le gouvernement britannique "d'incompétence" sur le dossier du Brexit. Nicola Sturgeon estime que ces difficultés sont autant de preuves supplémentaires de la nécessité de rendre l'Écosse indépendante. 

"Plutôt que d'avoir notre avenir entre nos mains, nous sommes à la merci du gouvernement conservateur. Nous devons reprendre le contrôle de notre destin, et le plus tôt sera le mieux", a-t-elle martelé. 

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