Alors que le Royaume-Uni vient de voter pour une sortie de l'Union Européenne, le Premier ministre britannique annonce sa démission

Des supporters du "Leave" fêtent les premiers résultats du référendum
Des supporters du "Leave" fêtent les premiers résultats du référendum © Reuters / Toby Melville

Les courbes du "In" et du "Out" se sont croisées toute la nuit, mais les Britanniques ont voté pour une sortie de l'Union Européenne, selon les projections de la BBC et de Sky News vendredi, après dépouillement des bulletins dans 302 des 382 centres. Aux premières heures de la matinée, le Brexit, ou British Exit, réunissait 52% des voix.

Le Brexit en chiffres
Le Brexit en chiffres © Radio France / Visactu

La participation au scrutin a été forte, avec 72,2% selon le chiffre officiel.Ecoutez les dernières explications de notre correspondant à Londres, Franck Mathevon :

Premières conséquences économiques

Alors que le pays faisait partie de l’Europe depuis 43 ans, cette décision fait l’effet d’un coup de tonnerre et les conséquences économiques se sont immédiatement fait sentir :  dans les bourses, le cours de la livre est au plus bas pour l'instant depuis 1985, tandis que les marchés s'affolent, notamment sur les places boursières asiatiques qui ont immédiatement réagi aux premiers résultats du référendum sur le Brexit. La bourse de Tokyo a chuté de près de 8%. A la City, un vent de panique a soufflé dès l'annonce des premières tendances, comme le raconte ce reportage de Solenne Le Hen :

Après le Brexit, les bourses plongent
Après le Brexit, les bourses plongent © Radio France / Visactu

"L'UE est en train de mourir"

Le bilan de Nigel Farage, chef du parti eurosceptique Ukip est sans appel : "L'UE est en train d'échouer, l'UE est en train de mourir". Le pilier des partisans du Brexit, qui réclame un gouvernement pro-Brexit, avait d’abord encaissé une défaite, avant de rectifier le tir avec le résultat final: c’est une victoire pour "les vrais gens, pour le peuple ordinaire", clame-t-il :

Ce résultat du référendum sur le Brexit donne la confirmation que l’Angleterre provinciale était conservatrice : même le Pays de Galles a voté en masse pour le "Out". Chez ses supporters, des cris de joie ont d'ailleurs résonné au petit matin, comme à Birmingham, où s’est rendu notre reporter Antoine Giniaux :

Un tournant dans la politique intérieure du Royaume-Uni

Côté politique, le Brexit est aussi un tournant dans la politique intérieure du Royaume-Uni : alors que l'ensemble des voix politiques pro-UE parlent de "tremblement de terre", le Premier ministre David Cameron a annoncé sa démission.

La Premier ministre de l'Ecosse, Nicola Sturgeon, a prévenu, après les premiers résultats de ce référendum, que l'Ecosse voyait "son avenir au sein de l'Union européenne" : l'Écosse, qui a voté à près de 62% pour le maintien du Royaume-Uni dans l'UE, pourrait redemander son indépendance.

En Irlande, le Sinn Fein, ex-vitrine politique de l'Armée républicaine irlandaise (IRA), a appelé à un référendum sur une Irlande unifiée, et le parti républicain a souligné que le référendum sur l'UE avait des "conséquences énormes sur la nature de l'Etat britannique" sachant que l'Ecosse et l'Irlande du Nord ont voté pour un maintien au sein de l'Union européenne.

Réactions diplomatiques en chaîne 

François Hollande s'est exprimé à la sortie, ce vendredi matin, sur les conséquences attendues de ce Brexit, ressenti par le président français comme "un choix douloureux qu' [il] regrette profondément" : "Le vote des Britanniques met gravement l'Europe à l'épreuve (...) Le danger est immense face aux populismes et aux extrémismes. Un sursaut est nécessaire".

Du côté de Bruxelles, les dirigeants des institutions de l'UE ont aussitôt pressé vendredi le Royaume-Uni de lancer "dès que possible" la procédure de sortie du pays après la décision historique des Britanniques de quitter le bloc.

Le président du Conseil européen Donald Tusk, lors d'un discours prononcé avec la mine grave, a garanti que L'UE est "déterminée à garder son unité à 27" après la décision historique du Royaume-Uni de sortir du bloc européen. "Il s'agit d'un moment historique mais assurément ce n'est pas un moment pour des réactions hystériques" a-t-il ajouté. Martin Schulz, le président du Parlement européen a lui annoncé un entretien avec la chancelière allemande Angela Merkel pour éviter une "réaction en chaîne".

Le ministre allemand des Affaires étrangères, Frank-Walter Steinmeier a qualifié ce lendemain de vote de " jour triste pour l'Europe et la Grande-Bretagne", tandis qu'aux États-Unis, Barack Obama devrait s'entretenir ce vendredi avec le Premier ministre britannique David Cameron. De son côté, le candidat républicain à la Maison Blanche Donald Trump a réagi dès son arrivée en Écosse pour la réouverture de l'un de ses parcours de golf. Le Brexit, "je pense que c'est extraordinaire, je pense que cela va être **extraordinaire**. C'est fantastique" a-t-il déclaré.

Chez les partisans du "Leave" européens, Viktor Orban, le Premier ministre hongrois,  s'est exprimé sur la radio publique hongroise: "Bruxelles doit entendre la voix du peuple, c'est la plus grande leçon de cette décision (des Britanniques)".

En France également, la réaction de Marine Le Pen a été immédiate : "Victoire de la liberté ! Comme je le demande depuis des années, il faut maintenant le même référendum en France et dans les pays de l'UE" a-t-elle écrit dans Twitter. Le Front National était le seul parti à officiellement avoir soutenu la sortie de la Grande-Bretagne de l'Union Européenne.

Brexit : et après?
Brexit : et après? © Radio France / Visactu
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