En invoquant l’article 50, Theresa May a lancé le processus de sortie de la Grande Bretagne de l’UE. Le 27 vont fixer lors du sommet de ce samedi les lignes rouges des négociations

Un membre de UKIP pose devant un gateau célébrant l'article 50
Un membre de UKIP pose devant un gateau célébrant l'article 50 © Reuters /

Theresa May a lancé le 29 mars dernier le processus de sortie de la Grande Bretagne de l’Union Européenne qui va durer deux ans. Lors du sommet de ce samedi à Bruxelles, les 27 vont devoir définir les principes d’une négociation qui s'annonce très difficile.

La Première ministre britannique veut sortir de l'UE mais "parvenir à un partenariat étroit et singulier avec l'Union européenne", mais, pour certains, Londres ne peut pas avoir le beurre et l'argent du beurre.

La chancelière allemande Angela Merkel a prévenu jeudi son homologue britannique :

Un pays tiers ne bénéficiera pas des mêmes droits, ou de droits plus avantageux, qu'un pays membre

Madame Merkel dit aussi avoir "le sentiment que certains en Grande-Bretagne se font encore des illusions à ce sujet". Réponse de la Première ministre britannique Theresa May : elle accuse les 27 de "s'unir contre" le Royaume-Uni.

A l'aube des négociations, l’Union européenne a durci sa position sur plusieurs dossiers clefs. Par exemple la question des frontières, les droits des citoyens de l’UE au Royaume-Uni, l'avenir des services financiers et la facture que devra régler Londres en quittant l'UE et que Bruxelles évalue à environ 60 milliards d'euros.

Un texte devrait être signé samedi au cours du sommet extraordinaire. Les États membres devront ensuite adopter des directives plus détaillées le 22 mai, lors d'une réunion qui confiera également au Français Michel Barnier le mandat de négociateur en chef pour les 27.

L'UE espère entamer réellement les négociations sur l'article 50 après les élections générales anticipées prévues au Royaume-Uni le 8 juin. Ce scrutin a été convoqué par Theresa May, qui espère en sortir renforcée pour négocier le Brexit.

Les anglais commencent à douter

Pour la première fois depuis le référendum, une majorité de Britanniques regrettent le résultat du scrutin du 23 juin 2016 en faveur d'une sortie de l'Union européenne, selon un sondage publié jeudi dans le quotidien The Times. Ce sont surtout les conséquences économiques qui semblent inquiéter les britanniques car par exemple 39% des sondés estiment que le Royaume-Uni en dehors de l'UE sera dans une situation "pire" qu'à l'intérieur de l'union, 28% croyant au contraire que les finances du pays s'amélioreront.

Il est vrai que ces derniers jours une série de statistiques vient mettre un sérieux bémol à l'euphorie des derniers mois dans les rangs des partisans du Brexit.

La croissance, d'abord, donne des signes d'essoufflement. Un coup de frein attribué à une moindre propension des Britanniques à consommer, au moment où leur pouvoir d'achat commence à souffrir du fait d’une l'inflation nettement tirée vers le haut. En cause : le renchérissement des produits importés provoqué par la dépréciation de la livre sterling consécutive au référendum. L’attitude des entreprises pose également question. Elles pourraient hésiter à investir dans le pays.

Donald Trump a dit plusieurs fois son approbation de la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE. En janvier dernier, le président américain avait à nouveau fait part de son enthousiasme pour le Brexit, "une chose merveilleuse", en recevant la Première ministre britannique Theresa May avec laquelle il a vanté "la relation spéciale" entre Washington et Londres. Mais quand la Grande Bretagne a voulu concrétiser "la relation spéciale", le secrétaire américain au Commerce Wilbur Ross a douché l'enthousiasme britannique en laissant entendre que la conclusion d'un accord bilatéral n'était pas la priorité de Washington.

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