Au moment où Theresa May propose de nouvelles modalités autour du "backstop" irlandais pour convaincre le Parlement d’adopter son projet d’accord sur le Brexit, une branche de l’université la plus célèbre de Londres déménage, virtuellement, en Irlande. Objectif de l'UCL : rester dans les programmes européens.

La branche médicale du University College London ouvre une filiale à Dublin – une simple boîte postale – pour sauver le financement européen de ses programmes de recherche.
La branche médicale du University College London ouvre une filiale à Dublin – une simple boîte postale – pour sauver le financement européen de ses programmes de recherche. © AFP / Carl Court

C’est une adresse discrète, dans le centre de Dublin, qui abrite la toute nouvelle filiale de l'University College London et de son hôpital, UCLH. Tout a été fait en urgence, il y a trois semaines, explique Helen Cadiou, qui supervise les protocoles de sécurité liés a la recherche médicale. "Cette branche de l'école de médecine de l'université de Londres s’appelle UCL Research Limited. Elle a été créée au mois de février."

C’est une boîte postale. Et elle nous permet de fonctionner, car elle prouve qu'on existe dans un pays de la communauté européenne.

"On a essayé de trouver des solutions pendant deux ans, poursuit Helen Cadiou. On attendait, on ne pensait pas en arriver là. Mais l’université a engagé un avocat, qui lui a donné le conseil de faire ça."

Pour l'université et ses étudiants, l’enjeu est colossal. Les programmes européens, comme Horizon 2020, ont apporté aux chercheurs britanniques quelques 5,4 milliards d’euros ces cinq dernières années, soit 13,8% des subventions allouées. Moins que l'Allemagne, mais plus que la France. Leur interruption menacerait directement plusieurs établissements au Royaume-Uni. Et, par ricochet, le continent.

Ce changement d’adresse est donc aussi un stratagème voulu et appuyé par les organismes européens, explique Helen Cadiou.

La Haute Autorité allemande a communiqué avec nos partenaires au mois de février. Elle a dit aux hôpitaux et laboratoires [britanniques] qu’ils devaient avoir une adresse en Europe, faute de quoi ils devaient mettre un terme à leurs projets. 

De leur côté, les scientifiques travaillant au Royaume-Uni ne cachent pas leur principal souhait : un arrêt pur et simple du Brexit. Quelle qu'en soit la forme, avec "backstop" irlandais ou pas. 

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