Alors que le Royaume-Uni vient de valider le Brexit par référendum, David Cameron vient d’annoncer ce vendredi qu’il quittait son poste de Premier ministre.

D.Cameron annonce sa démission devant le 10. Downing Street
D.Cameron annonce sa démission devant le 10. Downing Street © Radio France / Stefan Wermuth

David Cameron est un pur produit de l’aristocratie britannique, qui a joué ses cartes sur quelques idées progressistes (oui au mariage homosexuel ou déclaration pro-Brexit). Fils de bonne famille éduqué en pension, puis à la très select université d’Oxford, Cameron a fait ses armes comme conseiller politique de Margaret Thatcher puis de John Major, pour qui il rédigeait les discours. Après son élection en 2001 à la chambre des communes comme élu de Witney (Oxfordshire), son ascension au sein du parti conservateur fut rapide, au point de se retrouver à la tête des torys en 2005. Quand il est élu Premier ministre en 2010 à la faveur d’une élection sans majorité, il a seulement 43 ans et devient le plus jeune élu à ce poste depuis 1812, avec le premier gouvernement de coalition conservateurs/libéraux-démocrates depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sa réélection à son siège en 2015 se fait avec une majorité confortable, qui l’a poussé, peut-être un peu vite, à oser le pari risqué du référendum sur le Brexit.

Pourquoi il a choisi le In

Si David Cameron a choisi le camp du "remain", c’est, en façade au moins pour afficher ses convictions économiques : plaider la sortie de l’Euro, c’est faire courir un risque "énorme " à l’économie de la Grande-Bretagne : "Si on vote pour le retrait, ce sera irréversible (...) et les générations suivantes devront en subir les conséquences". Pour creuser le sillon pro-Eu, Cameron s’est plié à la stratégie de l’union sacrée, sans pour autant en maitriser toutes les subtilités. Ce gymkhana était néanmoins nécessaire pour parer à la division galopante de l’opinion ressentie dans les sondages ces dernières semaines, qui ouvre un boulevard à Boris Johnson, ex-maire de Londres qui se verrait bien Premier ministre.

Lire le portrait de Boris Johnson "En route vers le 10.Downing Street"

Et maintenant ?

David Cameron conserve ses fonctions pour encore trois mois maximum, avant de passer la main à son successeur qui sera chargé de gérer, à l’automne, le divorce du Royaume-Uni et de l’Union Européenne. Il se rendra la semaine à Bruxelles pour un conseil européen, et a fait savoir qu’il avait déjà enclenché les formalités de séparation. Le camouflet est brutal, coupant net dans son élan celui qui avait pourtant connu peu d’écueils dans son ascension. Ce vendredi, c’est pourtant la voix brisée par l’émotion qu’il a annoncé son départ, laissant la Grande-Bretagne face à une crise sans précédent.

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