L'accord de retrait et la déclaration politique sur la future relation entre l'UE et le Royaume-Uni ont été scellés, la Première ministre britannique doit encore faire adopter ces textes en décembre par son Parlement, où de fortes résistances se manifestent.

 Les dirigeants de l'UE ont donné leur feu vert au Brexit. Mais un prochain vote à haut risque du parlement britannique est prévu en décembre
Les dirigeants de l'UE ont donné leur feu vert au Brexit. Mais un prochain vote à haut risque du parlement britannique est prévu en décembre © AFP / Philippe LOPEZ

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont tourné une page historique de leurs relations ce dimanche, en entérinant un accord de divorce.

Voir le Royaume-Uni quitter l'UE n'est pas un moment de jubilation ni de célébration, c'est un moment triste et c'est une tragédie a déclaré le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker. 

"Il est tragique de voir le Royaume-Uni quitter l'UE après 45 ans", a renchéri la chancelière allemande Angela Merkel tandis que le président français Emmanuel Macron a qualifié le moment de "grave", qui montre "une part de fragilité" de l'Union Européenne.  

Angela Merkel s'est toutefois félicitée que les négociateurs soient parvenus à un accord, qui relève selon elle "de l'oeuvre d'art diplomatique", après 17 mois de négociations difficiles et plus de deux après le référendum britannique qui a voté le Brexit.   

Plusieurs obstacles demeurent

"Il s'agit d'un accord pour un avenir meilleur, qui nous permet de saisir les opportunités qui nous attendent", a plaidé Mme May, dans une "lettre à la nation" adressée ce dimanche aux Britanniques.

L'accord de retrait a été avalisé en moins d'une heure dimanche. Il porte sur la période d'avril 2019 à fin 2020.
Les Britanniques continueront de payer leurs contributions à l'Europe sans avoir voix au chapitre. 

► ECOUTER | Les détails sur l'accord avec Bertrand Gallicher à Bruxelles

1 min

Les détails de l'accord de sortie de la Grande-Bretagne approuvé par l'UE

Par Bertrand Gallicher/Gilles Galinaro

Les parlementaires européens devront signer cet accord. 

Puis ce sera aux parlement britannique de l'avaliser en décembre. Et là, la tâche se complique pour Theresa May. La dirigeante n'est pas tirée d'affaire car sa majorité à la Chambre des communes ne tient qu'à un fil.

La ratification de l'accord de divorce devant le Parlement britannique est l'obstacle qui semble le plus difficile à surmonter. La Première ministre britannique Theresa May souhaiterait qu'il intervienne avant la pause parlementaire qui commence le 21 décembre. 

Selon une source européenne, Theresa May a reconnu devant ses interlocuteurs européens qu'elle ne disposait pas d'une majorité au parlement britannique à ce stade pour obtenir un vote positif.  Mais elle aurait ajouté qu'elle comptait convaincre les députés de son parti en les prévenant que la moitié d'entre eux perdraient leurs sièges lors des élections qui suivraient un vote négatif. 

Si l'accord est voté, il restera encore au gouvernement à présenter dans la foulée un projet de loi de retrait et de mise en oeuvre du Brexit, synonyme de nouveaux débats enflammés.  Les experts rappellent que les traités européens de Rome et Maastricht ont pris environ 40 jours de session pour être approuvés par la Chambre des communes et la Chambre des Lords.  Il reste environ 60-70 jours de session entre le sommet de dimanche et le 29 mars.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.