Des dizaines de militaires patrouille dans Bruxelles
Des dizaines de militaires patrouille dans Bruxelles © MaxPPP

La police belge a continué de mener lundi de nombreuses perquisitions dans la région de Bruxelles. Après 16 interpellations dimanche, cinq personnes supplémentaires ont été arrétées lundi. Le niveau d'alerte maximale est maintenu à Bruxelles lundi, avec métro et écoles fermés.

Bruxelles vit une situation inédite, au son des sirènes de police et sous la surveillance de nombreux militaires en armes. Etablissements scolaires et métro sont fermés, la population étant appelée à rester chez elle dans la mesure du possible. Les autorités ont placé Bruxelles en état d'alerte de niveau 4 samedi, qui correspond à une menace "sérieuse et imminente", dans la nuit de vendredi à samedi. "Ce que nous redoutons, c'est une attaque similaire à celle de Paris, avec plusieurs individus qui lancent des offensives à plusieurs endroits en même temps", a dit le premier ministre Charles Michel lors d'une conférence de presse, en début de soirée, à l'issue d'une réunion du Conseil national de sécurité convoquée pour réévaluer le niveau de menace. Le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, a dit que 1 000 soldats avaient été mobilisés pour des patrouilles, soit le double des effectifs déployés une semaine plus tôt.

Nombreuses perquisitions

Lors d'une conférence de presse organisée dans la nuit de dimanche à lundi, le parquet fédéral de Belgique a ajouté que trois perquisitions avaient également été menées à Charleroi et que la police avait ouvert le feu à deux reprises sur un véhicule suspect à Molenbeek, la commune dont est originaire Salah Abdeslam, blessant son conducteur qui a été arrêté. Salah Abdeslam est toujours recherché dans le cadre de l'enquête sur les attaques du 13 novembre à Paris.

Nous pouvons indiquer qu'aucune arme ou explosif n'a été trouvé. Salah Abdeslam n'a pas été interpellé pendant les opérations", a déclaré le procureur Eric Van Der Sypt. "Seize personnes ont été interpellées. La justice décidera demain s'il y a lieu de prolonger leur détention", a-t-il ajouté.

Selon le parquet fédéral, rien ne permet à ce stade de rattacher l'incident à Molenbeek à la menace terroriste qui pèse sur la capitale belge.

Réunion de l'Eurogroupe maintenue

La présidence du Conseil de l'Union européenne a indiqué dimanche soir que la réunion de l'Eurogroupe (ministres des Finances de la zone euro) prévue dans l'après-midi de lundi à Bruxelles était maintenue. Une nouvelle évaluation de la situation sera effectuée dans la journée de lundi et tout sera fait pour que les choses reprennent un cours normal le plus rapidement possible, a assuré le chef du gouvernement. Les autorités craignent des attentats djihadistes comparables à ceux qui ont visé Paris et Saint-Denis le 13 novembre, faisant 130 morts et 350 blessés.

Salah Abdeslam toujours introuvable

Deux des kamikazes de Paris, Brahim Abdeslam et Bilal Hadfi, ont vécu en Belgique. Un suspect en fuite, Salah Abdeslam, frère de Brahim, a regagné Bruxelles au lendemain des attentats de Paris et sa trace a été perdue.

Prié de dire si les mesures d'exception prises dans la capitale belge étaient liées uniquement à la possible présence de Salah Abdeslam, le ministre de l'Intérieur, Jan Jambon, a répondu: "malheureusement non..."

"Il s'agit de plusieurs suspects, c'est pourquoi nous avons mis en place une telle concentration de moyens", a-t-il dit sur la chaîne de télévision VRT.

Selon Bernard Clerfayt, maire de Schaerbeek, l'une des communes de Bruxelles-Capitale, il y aurait actuellement "deux terroristes" dans la région prêts à commettre des attentats.

Mohamed Abdeslam, frère de Brahim et de Salah, a exhorté à la télévision ce dernier à se rendre aux policiers. Interrogé par la RTBF, il a déclaré que son frère, qui devait probablement faire partie des kamikazes, était encore en vie parce qu'il avait changé d'avis au dernier moment, alors qu'il était encore à Paris.

Dernier état d'alerte en 2007

Le grand rabbin de Bruxelles, Albert Gigi, a déclaré dimanche à la radio de l'armée israélienne que les synagogues de la capitale avaient été fermées samedi et dimanche pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale.

La ville de Bruxelles, où siègent l'Otan et les institutions européennes, n'avait pas été placée en état d'alerte maximale depuis fin 2007-début 2008, pendant une période d'un mois environ, lorsque les autorités avaient éventé un complot visant à faire évader l'islamiste tunisien Nizar Trabelsi de sa prison belge.

Articles liés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.