Au moins 18 personnes ont été tuées dimanche soir dans un café-restaurant de Ouagadougou lors d'une attaque terroriste. Deux hommes ont été abattus par les forces spéciales.

La police a évacué les civils présents dans ce quartier de la capitale très fréquenté par les étrangers, peu avant l'assaut des forces burkinabè
La police a évacué les civils présents dans ce quartier de la capitale très fréquenté par les étrangers, peu avant l'assaut des forces burkinabè © AFP / Ahmed OUOBA

Une attaque qualifiée de "terroriste" par le gouvernement burkinabè a fait 18 victimes selon un premier bilan et une dizaine de blessés, dans un café-restaurant de Ouagadougou, le restaurant Istanbul, dont un Français. Le parquet de Paris a annoncé l'ouverture d'une enquête antiterroriste pour assassinat. Selon les premières constatations, il y aurait sept Burkinabè parmi les victimes et huit étrangers.

Lundi matin, Emmanuel Macron a condamné l'attaque terroriste et marqué "sa solidarité dans cette nouvelle épreuve traversée par le Burkina Faso". Le président, qui s'est entretenu avec le homologue burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, a également salué "la mobilisation efficace des autorités burkinabè pour mettre fin à cette attaque".

Débutée vers 21h30 dimanche, la prise d'otages s'est soldée par la mort des deux assaillants retranchés, après l'intervention des forces spéciales dans la nuit. Les attaquants ont ouvert le feu sur les clients installés en terrasse. La police a ensuite évacué les civils avant l'arrivée de l'armée et de la gendarmerie qui ont lancé immédiatement l'assaut.

Le Quai d'Orsay, en contact avec les autorités locales, a invité lundi matin les ressortissants français présents à éviter la zone. Une zone déjà touchée, il y a dix-huit mois, par une attaque d'Al-Qaïda au Maghreb (AQMI) sur le café Capuccino, situé à 200m du restaurant attaqué cette nuit. Le bilan avait alors été de 30 morts et 71 blessés, des étrangers pour la plupart.

Un petit pays enclavé par le terrorisme

Frontalier du Mali et du Niger, le Burkina Faso est le théâtre d'attaques djihadistes régulières depuis 2015. En décembre 2016, une douzaine de soldats burkinabè avaient été tués dans une attaque contre un détachement de l'armée basé dans le nord du pays. En octobre 2016, une précédente attaque avait fait six morts, quatre militaires et deux civils.

Plusieurs enlèvements ont aussi été perpétrés, de Burkinabè comme d'étrangers. Un Australien et un Roumain, enlevés en 2015, sont toujours captifs de groupes islamistes liés à Al-Qaida.

Le Burkina Faso, petit Etat sahélien d'Afrique de l'Ouest, pauvre et enclavé, a réaffirmé le 18 juillet la nécessité de "lutter contre le terrorisme" avec son voisin la Côte d'Ivoire, également touchée par un attentat djihadiste en 2016.

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