le lieutenant-colonel Isaac Zida et les militaies qui l'ont adoubé samedi
le lieutenant-colonel Isaac Zida et les militaies qui l'ont adoubé samedi © REUTERS/Joe Penney

Un millier de manifestants au moins se sont rassemblés dimanche matin à Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso, pour dénoncer la prise de pouvoir par l'armée après la démission du président Blaise Compaoré. L'opposition et la société civile du Burkina Faso appellaient la population à une démonstration de force pour contester le nouvel homme fort de la transition, le lieutenant-colonel Isaac Zida, adoubé par l'armée.

Dans un communiqué diffusé samedi, l'armée a annoncé que "le lieutenant-colonel Isaac Zida avait été retenu à l'unanimité pour conduire la période de transition ouverte après le départ du président Blaise Compaoré", manière de mettre fin à la confusion puisqu'un autre gradé, le général Honoré Traoré, le chef d'état-major, s'était autoproclamé président de transition la veille.

Mais menée par le colonel Isaac Zida, ou un autre, la forme et le calendrier de cette transition n'ont pas été précisés. Le communiqué précisé juste que des précisions seront données "lors de consultations avec l'ensemble des acteurs de la société civile".

L'opposition et la société civile refusent une confiscation du pouvoir par l'armée

Le principal parti d'opposition, l'Union pour le progrès et le changement (UPC), a réclamé samedi l'ouverture immédiate de consultations pour déterminer le calendrier de prochaines élections.

L'opposition politique et les organisations de la société civile ont réaffirmé que la victoire issue de l'insurrection populaire appartient au peuple. Et, par conséquent, la gestion de la transition lui revient légitimement et ne saurait être, en aucun cas, confisquée par l'armée, dit-elle dans un communiqué.

« Zida, on veut pas »

L'appel à la manifestation demandait aux burkinabés de converger sur la place de la Nation, épicentre du mouvement de contestation. Un millier de personnes, au moins, s'y est déjà rassemblé. Sur une pancarte brandie par un manifestant on peu lire "Zida = Judas". La foule explique qu'elle se sent trahie par ses militaires et qu'elle ne bougera pas de là.

Quelques leaders de l'opposition sont arrivés à 9 heures et l'un d'entre eux Jean-Hubert Bazié, chef du parti Convergence de l'Espoir a prononcé une courte allocution :

Restez vigilants pour préserver la victoire du peuple. Restez mobilisés pour les mots d'ordre à venir. L'opposition réaffirme la nécessité d'une transition consensuelle pour ramener l'ordre constitutionnel.

Des leaders qui ont prévu de rencontrer le nouvel homme fort, le Colonel Zida, dimanche.

A Ouagadougou les précisions de Maureen Grisot

De son coté, la mission de concertation tripartite ONU-Union africaine - Cédéao (l'organisation régionale de l'Afrique de l'Ouest), a appelé dimanche à la mise en place d'un régime de transition "conduit par un civil" et "conforme à l'ordre constitutionnel", menaçant sinon de "sanctions".

"Les Etats-Unis condamnent la tentative de l'armée burkinabè à imposer sa volonté au peuple du Burkina Faso" dit le département d'Etat américain qui lui aussi a appelé l'armée burkinabè à transférer le pouvoir aux autorités civiles.

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