Manifestation à Ijenda, Burundi
Manifestation à Ijenda, Burundi © Radio France / Goran Tomasevic

Réunion du conseil de sécurité del'ONU ce lundi, à la demande de la France, pour examiner la situation au Burundi. La violence armée s'intensifie.

Le Burundi est en proie aux violences depuis la réélection contestée du président Pierre Nkurunziza le 21 juillet, pour un troisième mandat. Ces violences ont déjà fait 200 morts.Le chef de l'Etat a exigé vendredi que les Burundais remettent leurs armes , faute de quoi ils seront traités comme des ennemis.

Les forces de l'ordre burundaises poursuivaient dimanche leur opération de désarmement dans des quartiers acquis à l'opposition de Bujumbura, où neuf personnes ont été tuées dans la nuit.

La France « très préoccupée »

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit à la demande de la France qui condamne les "discours de haine" du pouvoir. Le porte-parole du ministère des affaires étrangères français fait part de "sa grande préoccupation face à la dégradation continue de la situation au Burundi, qui se caractérise par la multiplication des actes de violence et des violations des droits de l'Homme".

Une rthétorique génocidaire

Le camp du président Pierre Nkurunziza multiplie les propos incendiaires , guerriers, et joue dangereusement avec la question ethnique. La rhétorique utilisée par la majorité au pouvoir évoque le langage des génocidaires hutus rwandais qui en 1994 considéraient qu’ils "travaillaient " en massacrant les tutsis.

Fin octobre, le président du Sénat a menacé de "pulvériser les quartiers" contestataires de la capitale, en rappelant les bombardements durant la guerre civile (1993-2006) des quartiers hutu, que l'armée - alors dominée par la minorité tutsi - accusait d'héberger des rebelles. La crise burundaise fait ressurgir les antagonismes hutu/tutsi, dix ans après la fin de la guerre civile, dans un pays à l'histoire post-coloniale jalonnée de massacres inter-ethniques.

Les Burundais fuient les quartiers contestataires

L'Union africaine s'est inquiétée des potentielles "conséquences dévastatrices" de ces déclarations tandis que Washington a dénoncé une "rhétorique dangereuse, irresponsable" du camp présidentiel. De nombreux habitants effrayés ont commencé à fuir les quartiers contestataires de Bujumbura.

Vendredi, le corps d'un des fils du défenseur des droits de l'Homme et figure de la contestation, Pierre-Claver Mbonimpa, a été retrouvédans un quartier contestataire , quelques heures après son arrestation par la police, selon son père. "La question c'est de savoir jusqu'où le pouvoir va aller dans l'exécution de ses menaces", s'est inquiété un diplomate à Bujumbura. "On essaie de faire passer des messages d'apaisement, mais le pouvoir ne semble plus nous entendre."

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