Le Burundi est le théâtre de violences depuis un mois.
Le Burundi est le théâtre de violences depuis un mois. © Reuters

Une personnalité de l'opposition burundaise et son garde du corps ont été tués par balles samedi par des inconnus dans la capitale Bujumbura. Le pays est en proie à de vives tensions depuis que le président sortant a annoncé, le 25 avril, qu'il briguait un troisième mandat.

Zedi Feruzi, dirigeant du parti d'opposition UPD, et son garde du corps ont été abattus dans le quartier de Ngagara, d'après un responsable de la Ligue ITEKA, une organisation de la société civile. Selon des habitants, l'opposant a été tué non loin de son domicile.

Feruzi, membre de la petite minorité musulmane du Burundi, était une personnalité bien connue des Burundais même si son parti ne compte pas parmi les plus importants du pays.

L'annonce de sa mort a provoqué la colère de nombreux habitants de la capitale. Reportage sur place du correspondant de RFI, David Thomson

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Les habitants de Bujumbura en colère après l'assassinat d'un leader de l'opposition

Vers une grande manifestation lundi matin

"Nous avons entendu de nombreux coups de feu", a témoigné un voisin à l'agence Reuters. "C'est malheureux, il y avait des soldats par ici, et ils n'ont rien fait !", a-t-il ajouté. Le quartier de Ngagara a été l'un des foyers d'agitation lors des manifestations qui ont eu lieu presque quotidiennement depuis que le président Pierre Nkurunziza a annoncé, le 25 avril, qu'il briguait un troisième mandat.

Après les tirs contre l'opposant, des habitants du quartier ont érigé des barricades pour se protéger, scène qui se produit de plus en plus, y compris dans les quartiers calmes de la capitale. Jusqu'à l'assassinat de l'opposant, la journée de samedi avait été relativement calme et l'on avait noté peu de manifestants dans les rues.

Zedi Feruzi était un des leaders de ce mouvement et il avait appelé "tous les Burundais à s'unir" pour obtenir le retrait de la candidature de Pierre Nkurunziza. Les "anti-troisième mandat", comme on les surnomme, ont appelé à manifester de nouveau lundi matin "avec plus de vigueur".

Bujumbura, capitale du Burundi
Bujumbura, capitale du Burundi © Radio France
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