L'établissement, l'un des plus réputés de la capitale libanaise, est défiguré. Les dégâts se chiffrent en millions de dollars.

Une chambre de l'hôpital Saint-Georges, devenu hors service après les explosions.
Une chambre de l'hôpital Saint-Georges, devenu hors service après les explosions. © Radio France / Aurélien Colly

Au Liban, 12 jours après les explosions dans le port qui ont fait 170 morts et 6.500 blessés, le secteur hospitalier est à terre. Déjà très affecté par la crise économique et financière et la pandémie du Covid-19, l'explosion à Beyrouth lui a asséné le coup de grâce. En quelques secondes, quatre grands hôpitaux de la capitale sont devenus hors service, alors qu'ils assuraient des soins à des milliers de patients.

"Tout à coup, on voit les gens en train de saigner"

C'est le cas de l’hôpital Saint-Georges, à quelques centaines de mètres du lieu de l’explosion, qui était l’un des plus réputés de Beyrouth. Aujourd’hui, le bâtiment de huit étages est défiguré. À l’extérieur, plus aucune vitre et à l’intérieur, tout est dévasté. Le docteur El Hachem était dans son département de cancérologie lors de l’explosion : "Tout à coup on voit les gens, les visiteurs, les patients en train de saigner. Des médecins, des aides soignant, des infirmiers tous blessés, soit en train d’aider des gens à évacuer dehors, soit en train de faire des sutures. C’était une vraie apocalypse."

L'un des halls d'accueil de l'hôpital a été soufflé.
L'un des halls d'accueil de l'hôpital a été soufflé. © Radio France / Aurélien Colly
Les vitres de la façade de l'hôpital ont toutes été détruites.
Les vitres de la façade de l'hôpital ont toutes été détruites. © Radio France / Aurélien Colly

11 morts dont 4 infirmières, 350 patients évacués en urgence, et des centaines de blessés qui n’ont pas pu être pris en charge. Une soirée de désolation et de destruction résume le directeur de l’hôpital, le docteur Néhmé : "On a perdu 75% à peu près de tout ce qui est matériel médical ou non médical, comme les lits et les chaises."

Des millions de dollars de dégâts

Impossible d’évaluer encore le coût des dégâts, mais il se chiffre en millions de dollars. Il y aura aussi le coût humain dans le personnel, souligne le docteur El Hachem : "On est en train de voir comment on peut gérer pour continuer, on en discute presque tous les jours avec mes collègues depuis deux semaines." Pour se projeter dans l’avenir, l’hôpital Saint-Georges doit rouvrir rapidement, insiste la direction. Mais il faudra un an, et de l’aide internationale, pour refaire tout l’hôpital. 

Les débris s'entassent dans les couloirs.
Les débris s'entassent dans les couloirs. © Radio France / Aurélien Colly
Des monceaux de débris, aussi, à l'extérieur.
Des monceaux de débris, aussi, à l'extérieur. © Radio France / Aurélien Colly

En plus de l'hôpital Saint-Georges, l'hôpital libanais-Geitaoui, l’hôpital des Sœurs du Rosaire et l’hôpital gouvernemental de la Quarantaine sont également à l'arrêt. Sur 55 structures sanitaires expertisées de la capitale libanaise, plus de la moitié sont "hors service", selon l’Organisation mondiale de la santé.

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