Le leader indépendantiste catalan a été interpellé ce dimanche en Allemagne, ont annoncé plusieurs sources ce dimanche, de retour d'une conférence en Finlande. A Barcelone, où 12 autres indépendantistes ont vu leurs poursuites confirmées vendredi, la situation est à nouveau tendue.

Carles Puigdemont, ancien président de la Catalogne, interpellé ce dimanche.
Carles Puigdemont, ancien président de la Catalogne, interpellé ce dimanche. © AFP / Emmanuel Dunand

La "cavale" de Carles Puigdemont n'a pas duré longtemps : ce dimanche matin, l'ancien président indépendantiste de la Catalogne a été interpellé par la police allemande près de la frontière avec le Danemark. Plus précisément, "il a été arrêté dimanche à 11h19 par la police autoroutièredu Schleswig-Holstein, il est maintenant sous la garde de la police", a annoncé un porte-parole de la police. "Il a été bien traité et ses avocats sont-là bas, c'est tout ce que je peux dire", a ajouté la porte-parole de son parti, Anna Grabalosa. Il sera présenté lundi à un juge, a indiqué le parquet allemand de Schleszig. 

Carles Puigdemont, qui était depuis octobre 2017 réfugié en Belgique, avait quitté le pays pour se rendre à une conférence à Helsinki. Samedi, la police finlandaise avait fait savoir qu'elle était prête à l'arrêter, mais l'un des députés qui avaient organisé sa venue dans le pays avait déclaré qu'il avait déjà quitté le territoire. Par le passé, il avait déjà quitté la Belgique depuis son exil, pour se rendre au Danemark et en Suisse, sans pour autant y être inquiété. 

Pourquoi Carles Puigdemont a-t-il été arrêté cette fois-ci ?

Entretemps, à Barcelone, la situation a évolué : vendredi, la Cour suprême espagnole a confirmé des poursuites pour "rébellion" contre 13 indépendantistes catalans (dont Carles Puigdemont, donc), et émis ou réactivé des mandats d'arrêt européens contre six d'entre eux qui avaient fui à l'étranger. Cinq autres indépendantistes, dont Jordi Trull, candidat à la présidence de l'exécutif catalan, ont par ailleurs été interpellés et placés en détention

Conséquence de ces décisions : vendredi, de violentes manifestations ont eu lieu à Barcelone, au cours desquelles 37 personnes ont été blessées. Ce dimanche après-midi, après l'annonce de l'arrestation de l'ancien président de la "generalitat de Catalunya", de nouveaux appels à manifester ont été émis à Barcelone. 

Que risque-t-il désormais ?

Carles Puigdemont risque gros : s'il est remis à l'Espagne, il pourrait être jugé pour des faits de "rébellion". Les juges lui reprochent à la fois l'organisation d'un référendum d'indépendance anticonstitutionnel, mais aussi l'organisation d'une manifestation dix jours avant ce scrutin, au cours de laquelle des milliers de militants avaient occupé un bâtiment public. 

Or, une condamnation pour "rébellion" peut coûter jusqu'à 30 ans de prison en Espagne. Mais ce chef d'accusation est particulièrement controversé : pour beaucoup de juristes, il ne peut y avoir rébellion, car il n,'y a pas eu de "soulèvement violent". 

Où en est la situation en Catalogne ?

Toujours au point mort, et toujours aussi tendue. Vendredi, une nouvelle séance devait se tenir dans l'hémicycle de l'exécutif catalan pour désigner le nouveau président de cette assemblée à majorité indépendantiste. Or Jordi Turull, principal candidat à la présidence, a été interpellé quelques heures plus tôt

La désignation a donc été reportée... pour la troisième fois. Auparavant, ni Carles Puigdemont ni l'activiste Jordi Sanchez, lui aussi incarcéré, n'ont pu aller jusqu'au bout de leur candidature. Or, tant qu'un président régional n'est pas désigné, la Catalogne reste sous la tutelle directe de Madrid. Et si l'affaire n'est pas tranchée le 22 mai, de nouvelles élections régionales seront convoquées. 

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