Une création originale

Nathanaël Charbonnier et Laurent Macchietti suivent la route des migrants qui traversent le Mexique pour tenter de gagner les États-Unis. Retrouvez le récit de ce périple, jour par jour, à la première personne, du sud au nord du Mexique.

Migrants à Tijuana en attente de passer aux États-Unis
Migrants à Tijuana en attente de passer aux États-Unis © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Samedi 8 décembre, leur voyage aura-t-il une fin ?

Il semble tellement loin ce premier jour où sur une embarcation de fortune, nous avons traversé clandestinement la frontière entre le Guatemala et le Mexique. Ce moment d’insouciance où l’on pouvait croire que toutes les frontières pouvaient se passer ainsi, juste avec la volonté et un peu d’aventure. 

Ici à Tijuana, l’avancée est freinée, voire bloquée. Les migrants sont pourtant près du but, mais les 50 derniers mètres semblent les plus difficiles.  

En voiture, la frontière ce sont des files de voitures qui attendent devant une sorte d’immense péage d’autoroute.  

Mais il est aussi possible de traverser à pied. L’itinéraire est constitué d’un immense couloir où l’on avance en file indienne. 

Il y a une file pour les habitués, les frontaliers qui vont et viennent quotidiennement entre les deux pays.
Pour les autres, il faut avoir déjà un ESTA valide. L’ESTA, c’est le premier papier indispensable que vous devez avoir pour espérer rentrer aux États-Unis si vous êtes touriste. Coût du ticket 15 dollars. Mais s’ajoute ici une autre petite taxe de 6 dollars par personne. Ensuite l’officier de douanes prend vos empreintes et vous pose des questions sur l'endroit où vous vous rendez, pour voir qui, combien de temps. 

Pas de migrants à cet endroit. C’est bien trop tôt. Les migrants eux doivent d’abord obtenir des papiers au Mexique et faire de multiples démarches avant d’espérer un jour arriver là où je suis, avec mon passeport français. 

Moi, il ne m’aura fallu qu’une petite heure pour passer du Mexique aux États-Unis. Il m’est impossible de dire combien il en faudra pour les migrants. Je sais juste que certains par désespoir ont décidé de planter leurs tentes côté mexicain, à 100 mètres de la douane et qu’ils ont décidé de commencer une grève de la faim pour se faire entendre. 

Enrique, responsable de l'association Border of Angels qui vient depuis la ville de San Diego aux États-Unis en aide aux migrants. L'association apporte notamment de l'eau dans le désert pour les migrants qui tentent de rentrer par là en Amérique.
Enrique, responsable de l'association Border of Angels qui vient depuis la ville de San Diego aux États-Unis en aide aux migrants. L'association apporte notamment de l'eau dans le désert pour les migrants qui tentent de rentrer par là en Amérique. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Cote américain, se trouve la ville de San Diego. L’objectif du jour est de rencontrer un certain Enrique. Depuis 1986, il aide depuis les États-Unis les migrants qui cherchent à rentrer, avec son association "les anges de la frontière".

Cela sera notre ultime étape après un voyage de 4 000 kilomètres. San Diego, la ville tant attendue où les hamburgers côtoient les magasins de jeans et de téléphones mobiles. San Diego première ville du nouveau monde tant attendue et espérée.  

La ville de San Diego au loin que rêve de voir les migrants qui ont remonté toute l'Amérique du sud
La ville de San Diego au loin que rêve de voir les migrants qui ont remonté toute l'Amérique du sud © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Et pourtant, étrangement, et en ayant conscience de faire partie des grands privilégiés, je sens déjà que l’âme mexicaine va me manquer grandement. Il existe en effet dans ce pays de Mayas et d'Aztèques, une belle solidarité entre les peuples de toute l’Amérique centrale et du sud.  

Elle n’existe dans aucun livre mais elle est là, présente partout. J’aime savoir que nous l’avons approchée pendant notre périple et j’aime ressentir que nous en garderons des traces un peu partout en nous, pour longtemps encore... 

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Pour l'association Border of Angels qui vient en aide aux migrants, depuis 60 ans jamais aussi peu de migrants ont tenté d''entrer aux États-Unis

Par Nathanaël Charbonnier

Vendredi 7 décembre, Tijuana, la ville tant espérée

à Tijuana ce jeune migrant court se protéger alors que la pluie froide tombe sur le camp de réfugiés. La plupart attendent de faire de papiers pour partir aux États-Unis.
à Tijuana ce jeune migrant court se protéger alors que la pluie froide tombe sur le camp de réfugiés. La plupart attendent de faire de papiers pour partir aux États-Unis. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

L’histoire raconte que la ville tient son nom d’une femme qui venait en aide aux plus défavorisés. Une autre version plus coquine laisse entendre qu’il y avait là une maison de passe où les Américains venaient boire, notamment au temps de la prohibition. 

Tijuana, ville mexicaine mais terre de secours pour les habitants de Californie, pour le monde du cinéma aussi avec sa Cinecittà où ont été tournés 54 films dont Titanic, Pearl Harbor, Babel, ou la première version de La planète des singes. 

Tijuana, ville de la drogue, où les cartels usent d’imagination pour faire transiter la marchandise par la frontière, car tout le monde sait que le pays plus grand consommateur se trouve de l'autre côté et qu'il s'agit des États-Unis. 

Je pourrais parler et parler encore de cette ville et la présenter sous toutes les formes possibles, mais le cœur n’y est pas. 

Le camp de migrants de Tijuana a été déplacé à plusieurs reprises. Celui-là est sur un terrain goudronné pour d'éviter la boue alors que l'hiver arrive et que les pluies sont redoutables et froides.
Le camp de migrants de Tijuana a été déplacé à plusieurs reprises. Celui-là est sur un terrain goudronné pour d'éviter la boue alors que l'hiver arrive et que les pluies sont redoutables et froides. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Comment oublier les images de la journée. Comment oublier ce mur impressionnant de métal qui s’étire comme un long serpent venimeux sur des kilomètres et des kilomètres. Comment effacer les sourires de ces enfants, les pieds glacés, dans ce centre en banlieue qui accueille encore des milliers de migrants venus de tout le sud. Comment chasser les bourrasques et la pluie glacée qui se sont abattues sur les toiles trouées des tentes et autres abris de fortune. 

Sous la pluie glacée de ce jour de décembre à Tijuana
Sous la pluie glacée de ce jour de décembre à Tijuana © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Tijuana, immense ville où toutes les violences convergent, délinquance, drogue, mais violence politique aussi. Il est des symboles qui tuent tout sur leur passage. Et l’image de ces migrants bloqués là si près du monde qu’ils espèrent fait de Tijuana une bien étrange ville qu’il est difficile d’apprécier totalement.

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Les migrants obligés de quémander des abris

Par Nathanaël Charbonnier

Jeudi 6 décembre, Mexico au ciel sale

L’un des jeunes migrants qui a trouvé refuge dans la maison d’accueil de Tochan dans la banlieue de Mexico. Comme ses amis il attend soit d’avoir des papiers soit de repartir en direction du nord Mexique
L’un des jeunes migrants qui a trouvé refuge dans la maison d’accueil de Tochan dans la banlieue de Mexico. Comme ses amis il attend soit d’avoir des papiers soit de repartir en direction du nord Mexique © Radio France / Nathanaël Charbonnier

La lumière du Mexique est belle. Le vert surtout. Dès le matin il semble déjà un peu mélancolique. Il s’invite sur tout le parcours et finit par vous faire perdre la notion du temps. Même à Mexico, il est là. De longues avenues s’étalent à perte de vue bordées par des multitudes d’arbres avec leurs feuilles vertes, malgré le mois de décembre qui avance. 

Cela n’empêche pas la pollution de planer sur la ville. Un énorme nuage brun ou blanc sale suivant d’où on l’observe. 

Mexico. Depuis le début, je cherche. Je n’arrive pas à définir cette ville. Comment parler d’une "Ciudad" qui s’active à côté d’un volcan, le fameux Popocatepetl. Comment parler d’une capitale dont la rue la plus longue s’étale sur 56 kilomètres et qui rassemble des millions et des millions d’habitants. Comment résumer en quelques lignes un tel gigantisme. 

Heureusement, Mexico c’est la ville de Juan. Juan est notre fixeur. Je crois que je ne connais pas de terme plus laid pour désigner le travail de quelqu’un. Mais bon, Juan est fixeur. Dans la réalité, il est journaliste et surtout, il permet à ce reportage d’exister. C’est lui qui organise, traduit, assure la sécurité du voyage. Alors que nous sommes par exemple en plein cœur de Mexico, là où les touristes grouillent non loin de la place Zocalo, c’est lui qui nous demande de fermer les fenêtres de la voiture parce que les gangs sont susceptibles de rôder dans cette rue précise.  Juan c’est une vie en forme de roman, mais c'est aussi pour moi tout le Mexique à portée de mains.   

Juan, journaliste, fixeur qui guide et traduit depuis le début du reportage.
Juan, journaliste, fixeur qui guide et traduit depuis le début du reportage. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

- Juan, comment s’appelle déjà la langue des aztèques ?   La réponse tombe dans la seconde. "Tu veux parler du Nahuatl ? " - Oui, c’est cela merci... et comment on le prononce ? "Nawalt".

Alors quand on est perdu dans une ville grande comme un océan et que l’on recherche une poignée de migrants, Il n’y a que Juan pour vous emmener au bon endroit. Là où Laurent le technicien du son qui travaille avec moi pourra capter les ambiances qui permettent de faire rêver et de mieux comprendre les reportages que nous réalisons. Là ou nous attend un certain Edgar Galenas dans le centre d’accueil de Tochan qui veut dire en langue Nahuatl "notre maison".

Victor réfugier Salvado, qui a décidé de rester dans la maison de Tochan. Depuis 5 ans il passe son temps à fabriquer des maquettes en bois de trains ou de bateaux
Victor réfugier Salvado, qui a décidé de rester dans la maison de Tochan. Depuis 5 ans il passe son temps à fabriquer des maquettes en bois de trains ou de bateaux © Radio France / Nathanaël Charbonnier
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Où aller quand on est un migrant à Mexico

Par Nathanaël Charbonnier

Mercredi 5 décembre, Tapachula comme vous l'imaginez

Frida Kahlo sur un mur de Tapachula
Frida Kahlo sur un mur de Tapachula © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Il est temps de remonter sur Mexico. Les migrants, eux, n’ont pas attendu en tout cas. Nous quittons le sud du pays en sachant qu’il aurait fallu beaucoup plus de temps pour en découvrir les secrets. Nous étions dans le Chiapas, région proche des terres Zapatistes et des indiens Mayas. Et l’on se dit que mille aventures pourraient nous tendre les bras. Des aventures où les esprits viendraient jouer avec nos âmes et nous enrichir de savoirs oubliés. 

Mais ce n’est pas le sujet qui nous a amené ici dans cette région de Tapachula. La ville est grande et pauvre et il s’en dégage une douceur particulière. Les gens avec qui nous avons échangé semblent posséder une grande sagesse. Tous ne voient pas d’un bon œil ces caravanes de migrants passer, mais tous les comprennent. Il existe ici comme une solidarité hispanique. Mexicains, Honduriens, Cubains, Salvadoriens, Vénézuéliens parlent la même langue, et tous ont connu un jour où l’autre la dictature, la révolution ou la guerre des gangs pour la drogue. 

Un centre de migrants à l’entrée de la ville de Tapachula. Un passage de quelques jours seulement pour eux avant de repartir vers Mexico
Un centre de migrants à l’entrée de la ville de Tapachula. Un passage de quelques jours seulement pour eux avant de repartir vers Mexico © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Être migrant, cela fait presque partie de l’Amérique du sud. C’est dans ses gènes. La roue tourne suivant les époques, et tous ont dû où devront un  jour où l’autre prendre le chemin de l’exil. 

Tapachula ville douce, mais ville carrefour pour la drogue. La violence est là quelque part et se gère au quotidien, comme les moustiques qui bourdonnent à vos oreilles dès que la lumière est éteinte. 

Je suis frappé aussi de constater que mes reportages semblent rassembler toutes les idées préconçues que l’on peut se faire sur le Mexique. Mais il n’y a rien de fabriqué. Les musiques sont celles entendues sur la place du village. Je n’ai pas inventé non plus les cireurs de chaussures qui vous appellent, pas plus que les danseuses folkloriques qui sont venues colorer mes récits. 

Tapachula, c’est tout le Mexique que l’on imagine mais c’est plus encore. On le sentait bien lorsque l’on regarde certains films notamment, que ce pays cachait derrière ses longs chapeaux et son guacamole quelque chose de merveilleux. Il faut juste savoir que cela est vrai. 

Alors qu’il est temps de partir de Tapachula, je fais arrêter la voiture une dernière fois en haut de cette petite rue anodine pour prendre une dernière photo. Sur un mur, je viens d’apercevoir un portrait de Frida Kahlo, l’artiste mexicaine mondialement connue. Et à cet instant, j’aime savoir qu’elle fait aussi partie du voyage. 

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Les habitants de Tapachula comprennent les raisons qui ont conduit aux caravanes de migrants

Par Nathanaël Charbonnier

Mardi 4 décembre, traverser la rivière et la frontière

Traverser la rivière Suchiate entre Guatemala et Mexique
Traverser la rivière Suchiate entre Guatemala et Mexique © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Passer une frontière clandestinement, comme le font les migrants. Passer du Mexique au Guatemala dans un sens, puis dans l’autre. Jamais je n’aurais pensé le faire un jour et surtout, jamais je n’aurais imaginé le faire sur un radeau de fortune. Une embarcation fabriquée avec des chambres à air et des planches en bois. Pas de visa à tamponner, pas de douane à passer, il suffit juste de traverser la rivière sans avoir peur de tomber à l'eau, et le tour est joué. 

C’est d’ailleurs étrange parce qu’à aucun moment on a l’impression de faire quelque chose d’interdit ou de dangereux. 

La chaleur, la soif, les gens qui vous entourent, les interviews à enregistrer, les photos à prendre, plus tout le reste. L’esprit sélectionne les priorités et l’instinct vous protège. En tout cas, c’est cette idée là que l’on préfère retenir.  

Les passeurs sont Guatémaltèques, ils transportent les passeurs mais aussi les habitants qui vont et viennent du Guatemala au Mexique et inversement.
Les passeurs sont Guatémaltèques, ils transportent les passeurs mais aussi les habitants qui vont et viennent du Guatemala au Mexique et inversement. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

De toute façon, ce n’est jamais dangereux de faire un reportage hors-la-loi, jusqu’au moment où cela le devient. Lapalissade peut-être, mais réalité.

C’est comme si les situations portaient des masques, les mêmes que ceux qui ornent les musées ou attendent d’être achetés dans les magasins mexicains. C’est comme si, à tout moment, elles pouvaient décider d’en changer, pour mettre à la place d’un masque en forme de sourire, un autre plus sombre, avec une bouche inversée aux couleurs dramatiques. 

La question finalement est de savoir de quelle humeur la chance aura décidé d’être aujourd’hui. Et cela passe par cet homme, assis sur la rive guatémaltèque, qui nous regarde passer sans bouger. Je sais qu’il m’a fallu quelques secondes pour accepter de croire ce que mes yeux ont vu. L'homme, qui n'est pas un policier, porte un gros pistolet noir accroché à sa ceinture. Il s'agit à la fois de ne pas y prêter attention, tout en gardant un œil dans sa direction. Lui seul peut en effet décider des minutes à venir. 

Pendant que les passeurs travaillent, ce vieux Guatémaltèque vient se laver dans la rivière.
Pendant que les passeurs travaillent, ce vieux Guatémaltèque vient se laver dans la rivière. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

Dans ces moments-là, on se dit que rien ne peut arriver puisque nous avançons avec nos costumes de journalistes. Les magnétophones, appareils photos, caméras nous servent de carte d’identité et de bouclier. Mais personne n'est jamais à l'abri d'un grain de sable qui viendrait faire déraper la situation. Il faut donc juste poursuivre son chemin et sortir de son champ de vision, comme si de rien n'était. 

L’homme vers lequel on s’approche maintenant a les dents recouvertes d’or. Il mange un morceau d’ananas trempé dans du jus de citron avec du piment. Il ne souhaite pas parler. Alors je lui demande de goûter son ananas et le fais rire en faisant une grimace (ça pique). Je l’amuse. Il accepte finalement de dire quelques mots qui seront utiles dans le reportage. Il explique que oui, il voit passer des migrants, mais moins depuis quelques jours. 

7 000 sont en effet passés là où nous nous trouvons, sur cette rive du Guatemala, et certains sont encore dans le secteur. Nous en trouverons en effet dans un centre d'accueil, mais impossible de leur parler. La journée a été longue et chaude. Il est temps de rentrer et de faire comme ces caravanes de migrants, c'est à dire de reprendre le chemin du Guatemala vers le nord du Mexique. 

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À Tapachula on rêve encore de liberté

Par Nathanaël Charbonnier

Lundi 3 décembre, Tapachula

À Tapachula, près de la frontière entre le Mexique et le Guatemala, les réfugiés en provenance du Honduras ou du Salvador font la queue pour obtenir de l'aide de l'Onu.
À Tapachula, près de la frontière entre le Mexique et le Guatemala, les réfugiés en provenance du Honduras ou du Salvador font la queue pour obtenir de l'aide de l'Onu. © Radio France / Laurent Macchietti

Dès le premier pied posé sur le sol du Mexique, on est frappé par la gentillesse des Mexicains. Dès qu’on a besoin d’un renseignement ils sont là, ils prennent le temps de vous aider, quel que soit le niveau de votre espagnol. Mes réponses mélangent portugais et espagnol et je me maudis de leur lancer des "obrigado" à la place de "gracias", même si personne ne s’en offusque.

Je repense à ces années de matinales. Le Mexique vu par le petit bout de la lorgnette de l'Afp. A cause du décalage horaire les dépêches d’agences qui arrivent à 4 où 5 heures du matin viennent notamment du Mexique. Et ces dernières années, il est souvent question de morts, de corps décapités, de cœurs arrachés, de corruption et autres histoires de ce genre.

Tapachula, porte d'entrée des caravanes de migrants

D’ailleurs quand on tape sur Twitter, le nom de la ville où je me rends, la première image qui apparaît, c’est celle d’un homme qui gît mort au milieu d’une flaque de sang. Légère appréhension. Tapachula, sud du Mexique, à la frontière avec le Guatemala. C’est "LA" porte d’entrée pour les caravanes de migrants qui fuient l’Amérique centrale pour remonter vers les États-Unis.

Les migrants qui viennent du Guatemala passent d'abord par le petit village d'Hidalgo
Les migrants qui viennent du Guatemala passent d'abord par le petit village d'Hidalgo © Radio France / Laurent Macchietti

Tapachula, c’est la première étape de ce reportage. Nous nous sommes fixés pour objectif de suivre le même chemin que des milliers de personnes empruntent depuis plusieurs mois pour rejoindre le nord, c’est à dire les États-Unis. Je suis avec Laurent, mon technicien pour l'antenne et Juan pour la traduction.

Cette frontière est étrange. Administrativement, elle commence à Tapachula mais dans la réalité elle se trouve plus loin encore, dans le village d’Hidalgo. C’est là que passent les migrants depuis le Guatemala.

Pour franchir la frontière à Hidalgo, les migrants ont le choix entre la douane et la rivière.
Pour franchir la frontière à Hidalgo, les migrants ont le choix entre la douane et la rivière. © Radio France / Nathanaël Charbonnier

À la frontière entre le Mexique et le Guatemala, les passeurs font transiter des migrants 25 à 30 fois par jour sur des embarcations de fortune, contre quelques pesos. De quoi leur permettre de franchir la frontière sans tampon sur un visa. Selon Mario Molina, qui vient en aide aux migrants de passage par Hidalgo, plus de 7 000 réfugiés en provenance du Honduras ou du Salvador ont transité par le petit village pour tenter de remonter le pays vers les États-Unis.

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Au Mexique la porte d’entrée avec le Guatemala se trouve dans la petite ville d’hidalgo

Par Nathanaël Charbonnier
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