Deux millions de personnes ont défilé il y a quelques jours à Barcelone pour demander l'indépendance de la Catalogne
Deux millions de personnes ont défilé il y a quelques jours à Barcelone pour demander l'indépendance de la Catalogne © MaxPPP/London News Pictures

Le vote symbolique sur l'indépendance de novembre dernier ayant été juge inconstitutionnel, les catalans organisent dimanche des élections régionales anticipées centrées sur la question de l'indépendance.

Le 9 novembre, le gouvernement régional dirigé par l'indépendantiste Artus Mas, avait organisé ce vote n'ayant pas de valeur juridique, en passant outre la suspension ordonnée par le Tribunal constitutionnel à la demande du gouvernement conservateur espagnol. Plus de deux millions de personnes s'étaient rendues aux urnes et 1,9 million avaient voté en faveur de l'indépendance, sur les 6,3 millions qui étaient invitées à se prononcer.

Une consultation jugée inconstitutionnelle par, le tribunal constitutionnel car selon la Constitution espagnole une région ne peut se prononcer seule sur une éventuelle sécession. La Catalogne représente 16% de la population de l'Espagne et 19% de son PIB.

Alors, faute de pouvoir organiser un vrai référendum, Artur Mas a convoqué des élections régionales le 27 septembre en leur donnant une valeur de plébiscite sur la possible sécession de cette riche région du nord-est de l'Espagne. Si les partis indépendantistes l'emportent lors de ce vote, le président de la Catalogne s'est engagé à lancer un processus qui déboucherait sur la création d'un Etat catalan indépendant sous 18 mois.

L'union fait la force

Pour maximiser les chances des indépendentistes, pour la première fois les deux principales forces politiques catalanes, le parti nationaliste de droite Convergence démocratique de Catalogne (CDC) et les indépendantistes de la Gauche républicaine (ERC) ont décidé de se présenter sous une liste unitaire, que les sondages donnent victorieuse.

Les menaces de Madrid

Elles sont innombrables. Le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy, qui multiplie les interventions dans les médias et les meetings à quelques jours du scrutin, a évoqué le risque "d'instabilité", de "tensions" pour le pays et surtout des risques pour la monnaie et les retraites.

Une menace renforcée par les propos du gouverneur de la Banque d'Espagne. pour Luis Maria Linde, laccession de la Catalogne à l'indépendance entraînerait sa sortie automatique de la zone euro et celle, probable, de l'Union européenne.

Les ministre des Affaires étrangère espanols a mis en garde les catalans qui risqueraient la perte de nationalité espagnole et de citoyenneté européenne, selon lui, avant de promettre une catastrophe financière.

Pour ne pas être en reste, le président de la Ligue espagnole de football à menacé à son tour le FC Barcelone et les clubs catalans de ne pourraient pas disputer la Liga en cas de sécession de la Catalogne.

Les indépendentistes en tête des les sondages

Selon les dernieres enquêtes d'opinion, les indépendantistes frôleraient la majorité absolue des votes et obtiendraient la majorité des 135 sièges du parlement catalan, un nombre suffisant selon Artus Mas, le chef des indépendantistes catalans, pour enclencher un processus de sécession, qui s'achèverait en principe en 2017.

Frédéric Bourgade s'est rendu en Catalogne, à Santpedor. Dans ce village de 7.000 habitants, les envies indépendantistes ne se cachent pas.

D'après l'enquête de l'institut Myword pour la Cadena Ser, réalisée auprès de mille Catalans du 10 au 17 septembre, 41% penchent pour l'indépendance mais 49% préfèrent des solutions moins radicales (20% souhaitent que la Catalogne reste une communauté autonome, 16% un Etat fédéral et 13% un accord nouveau sur l'intégration de la Catalogne dans l'Espagne).

Des élections et après ?

Artur Mas estime que s'ils recueillent dimanche la majorité des voix aux élections régionales de Catalogne, il n'aura plus besoin d'un référendum pour se séparer de l'Espagne. Mais il n'a pas écarté la possibilité de consulter une nouvelle fois la population catalane si le prochain gouvernement espagnol issu des élections législatives de décembre le lui proposait. Plusieurs voix au sein des partis en lice appellent à laisser les Catalans se prononcer sur leur avenir par référendum.

Pour Artus Mas, la Catalogne ne vas pas proclamer l'indépendance au lendemain des élections. Ce ne serait alors que le début d'un processus qui doit aboutir en 18 mois ou deux ans, à l'adoption de la Constitution du nouvel Etat, qui sera elle aussi soumise à référendum. Entretemps, il veut négocier avec l'Espagne une séparation à l'amiable et avec l'Union européenne le maintien de la Catalogne dans l'Union.

La Catalogne en chiffres
La Catalogne en chiffres © idé
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