Les parlementaires catalans sont convoqués jeudi pour élire président de la région Jordi Turull, un candidat en liberté sous caution qui risque d'être disqualifié par la justice espagnole.

Jordi Turull annoncé comme candidat à la présidence du Parlement catalan
Jordi Turull annoncé comme candidat à la présidence du Parlement catalan © AFP / LLUIS GENE

Le président du parlement Roger Torrent a annoncé qu'il proposerait Jordi Turull comme candidat à la présidence après que ce dernier ait été convoqué devant un juge d'instruction. Cette convocation vaut pour vendredi et pourrait l'envoyer en prison, selon l'ordonnance de convocation.   

"Un immense honneur. Si le Parlement me vote la confiance, je travaillerai sans relâche pour le progrès et la protection des 7,5 millions de Catalans", a réagi sur Twitter le nouveau candidat, un avocat de 52 ans.  

Jordi Turull est inculpé de sédition et de rébellion, comme les autres membres du gouvernement catalan qui ont piloté une tentative de sécession en octobre dernier. Même s'il était élu à la présidence de la Catalogne, s'il était ensuite jugé et condamné, il risquerait d'être disqualifié et de devoir abandonner ces fonctions.  

Les partis séparatistes, qui ont conservé la majorité absolue au parlement catalan aux élections de décembre dernier, avaient auparavant voulu élire un candidat en exil, Carles Puigdemont, et un autre en prison, Jordi Sanchez, mais la justice les en avait empêchés.  

Roger Torrent a rappelé ces interventions de la justice pour bloquer ces deux candidatures. "Ces ingérences pourraient également se produire vendredi prochain", a-t-il affirmé pour expliquer pourquoi il convoquait d'urgence le parlement.   

Jordi Sanchez, ancien président de l'association indépendantiste Assemblée nationale catalane, a renoncé mercredi à son siège de député et donc à être candidat à la présidence. L'ancien président Carles Puigdemont, qui s'était exilé à Bruxelles avant le déclenchement des poursuites, avait quant à lui renoncé début mars à se faire réélire.  Par cette investiture accélérée, les indépendantistes cherchent à se doter d'un président qui forme un gouvernement avant d'être éventuellement envoyé en prison. 

Mais ils doivent encore surmonter deux obstacles. Ils ont besoin des voix des plus radicaux, le petit groupe Candidature d'unité populaire (CUP) qui a annoncé qu'il ne déciderait qu'à 15h00, soit deux heures avant la session parlementaire, s'il soutient Jordi Turull. Ensuite, le roi Felipe VI devra promulguer la nomination du président élu pour qu'il puisse prendre ses fonctions.  

Tant que la Catalogne n'aura pas formé de gouvernement, elle restera sous la tutelle du gouvernement central qui a pris les commandes de cette région quand les parlementaires séparatistes en ont proclamé l'indépendance le 27 octobre dernier, sans aucun effet.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.