Les partisans séparatistes en Catalogne se préparent à une déclaration de proclamation de l'indépendance, qu'importent les pressions des autorités espagnoles.

La déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne pourrait être proclamée ce mardi, à l'issue d'une réunion exceptionnelle du parlement catalan
La déclaration unilatérale d'indépendance de la Catalogne pourrait être proclamée ce mardi, à l'issue d'une réunion exceptionnelle du parlement catalan © Radio France / Mathilde Dehimi

L'Espagne redoute l'issue d'une séance cruciale du parlement catalan ce mardi : suite à cette réunion extraordinaire, la majorité séparatiste va-t-elle imposer une déclaration unilatérale d'indépendance ? En proclamant son autonomie complète, la Catalogne, l'une des régions les plus riches du pays, amorcerait un engrenage de rupture avec Madrid dont les conséquences font naître une vive inquiétude en Europe.

En prévision de cette annonce, le chef du gouvernement espagnol menace de recourir à l'article 155 de la Constitution, un dispositif jamais utilisé jusqu'alors et qui l'autorise à "prendre le contrôle de la région". L'objectif de Mariano Rajoy serait d'assurer la stabilité économique de son pays, alors que les principales banques et de grandes entreprises délocalisent leur siège. Bruxelles a d'ailleurs précisé qu'en cas d'indépendance, la Catalogne serait d'office exclue de l'Union européenne, qu'elle ne pourrait réintégrer après un nouveau processus d'adhésion, et sous conditions.

Les Catalans, partagés presque à parts égales sur une sécession, et le pays entier n'ont plus qu'une question en tête : Carles Puigdemont, le président séparatiste, va-t-il déclarer unilatéralement l'indépendance de sa région comme il menace de le faire, temporiser ou faire machine arrière ?

"Je pense qu'il y aura bien une déclaration mais l'indépendance ne sera pas immédiate"

Dans sa librairie catalane, Joan a été dévalisé. Il ne reste presque plus de drapeaux indépendantistes, mais Maria, 83 ans, se rabat sur un modèle de trois mètres de long : "Je vais l'accrocher à mon balcon, c'est incroyable, c'est un rêve depuis mon enfance, un rêve".

Le libraire, Joan, préfère lui garder la tête froide : "je pense que ça ne sera pas le jour tant attendu. Je pense qu'il y aura bien une déclaration, très officielle, mais l'indépendance ne sera pas immédiate, d'un claquement de doigts et c'est bon."

Au local de l'AMC, l'organisation citoyenne séparatiste, on prépare l'écran géant qui sera posé devant la mairie. Adam, le coordinateur, ne croit pas à une déclaration qui remettrait l'indépendance à plus tard : "Cette option n'existe pas, demain on va proclamer l'indépendance, on va enfin commencer, continuer notre histoire commune parce qu'on ne va rien briser. On va continuer sans aucun doute ce que l'on doit faire car il n'y a pas d'autre issue."

Clara connaît le président Carles Puigdemont depuis 20 ans, quand ils étaient tous deux journalistes puis à la mairie de Gérone. L'État espagnol menace de le mettre en prison ? "Qu'importe", dit-elle, "le peuple répondra" : "les habitants de Gérone ne resteront pas silencieux, ils sortiront dans la rue, pacifiquement comme ils l'ont fait jusque là. On a beaucoup souffert pour en arriver là, il n'y a pas d'autre sortie possible. On ne peut pas faire un pas en avant puis dix pas en arrière."

"Le mouvement indépendantiste vient du peuple, de la base", rappelle-t-elle. "Arrêter les dirigeants ne changera rien."

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