Alors que les dirigeants et certains partis ont appelé à la désobéissance civile. Alors que le chef de la police régionale, les Mossos d'Esquadra, a été inculpé de sédition pour ne pas avoir empêché le référendum d'autodétermination du 1er octobre dernier, les policiers catalans s'interrogent sur leur rôle

Les Mossos sont dans le collimateur de Madrid pourtant beaucoup d'entre eux prônent la neutralité
Les Mossos sont dans le collimateur de Madrid pourtant beaucoup d'entre eux prônent la neutralité © AFP / NurPhoto / Miquel Llop

A la veille des ultimes débats jeudi et vendredi au parlement catalan et au Sénat espagnol, les indépendantistes les plus radicaux ont multiplié les appels à la désobéissance civile. 

Face à la menace d'une gestion directe de la Catalogne par le pouvoir central, les dirigeants et certains partis politiques de la Généralité, ont appelé lundi à la désobéissance civile. Des syndicats enseignants se rassemblent ce mercredi devant les mairies catalanes avant une grève des étudiants jeudi.

Mais il y a aussi ceux qui refusent d’entrer en résistance contre Madrid tant qu’on ne connaît pas les conséquences exactes de cette reprise en main.

L'article 155 de la Constitution espagnole qui doit être voté au Sénat vendredi est vague. Il ne détaille pas les mesures qui peuvent être prises. Il devrait entraîner une suspension de l'autonomie de la Catalogne. Madrid destituerait l'exécutif catalan et prendrait les commandes de la région, en particulier de sa police. Le Parlement et les médias publics régionaux seraient mis sous tutelle. 

Sous le feu des projecteurs, les policiers catalans seront inévitablement les plus touchés, leur chef est d'ailleurs poursuivi en justice pour sédition et sera remplacé. 

Les Mossos d’Esquadra aspirent aujourd’hui à retrouver de la sérénité 

Les policiers catalans n'ont pas à participer au débat politique répète Valentin Anedon, porte-parole du syndicat majoritaire des Mossos qui regrette l'engagement de son supérieur poursuivi pour sédition : "Le neutralité politique totale devrait être notre standard absolu. Avec tout le respect que j'ai pour le chef des Mossos, je voudrais rappeler que derrière, nous sommes 17.000 et que nous aussi nous devrons répondre de nos actes devant la justice". 

Les Mossos sont dans le collimateur de Madrid. Avec l'article 155, ils passeront sous l'autorité directe du ministère de l'intérieur, s'inquiète le syndicaliste : "Nous demandons que cela se fasse de la manière la moins invasive possible,  que soient pleinement  maintenues toutes nos compétences et qu'on respecte notre fonctionnement et notre structure".

Les policiers sont observés, divisés aussi comme l'ensemble de la société. Appeler à la désobéissance serait une mauvaise idée dit leur représentant. Ligne également défendue par l'UGT, syndicat majoritaire dans les services publics catalans. Carlos Villalante, son secrétaire, explique que le s policiers sont "neutres" : "Nous sommes des professionnels, indépendants, notre vocation est de servir les citoyens. Nous plaidons pour le dialogue et c'est pour ça que l'UGT ne va faire aucun appel à la désobéissance. Pour le moment". Pour l'instant, les salaires sont assurés ces prochains mois assure le secrétaire de l'UGT.  Si les droits des travailleurs étaient menacés par l'application de l'article 155, alors son syndicat bougera, dit-il.
 

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