Le président séparatiste catalan a proposé mardi soir de suspendre momentanément la déclaration d'indépendance pour permettre un dialogue avec l'Espagne

L'allocution du président indépendantiste catalan Carles Puigdemont devant le parlement catalan
L'allocution du président indépendantiste catalan Carles Puigdemont devant le parlement catalan © AFP / Lluis Gene

Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue.

Après un retard d'une heure du, selon le gouvernement catalan, à des contacts en vue d'une médiation internationale, Carles Puigdemont s'est exprimé devant le parlement de la Catalogne.

Dans sa déclaration, le président séparatiste a tendu la main à Madrid qui la refuse, prend acte de la déclaration et prépare sa réponse. Et il a déçu ceux qui souhaitaient une secession immédiate et qui crient à la "trahison".

"La Catalogne a gagné le droit d'être un Etat indépendant"

Carles Puidgemont a certes annoncé que la Catalogne allait devenir une république indépendante conformément au résultat du vote du 1er octobre, marqué par une victoire écrasante des partisans du "oui" à l'indépendance (90%) pour un taux de participation de 43%. Mais Il a reporté la déclaration d'indépendance pour laisser la possibilité d'un dialogue avec Madrid dans les prochaines semaines.

J'assume le mandat selon lequel la Catalogne doit devenir un Etat indépendant sous la forme d'une République. Je propose de suspendre la mise en oeuvre de cette déclaration d'indépendance pour entamer des discussions afin de parvenir à une solution négociée.

Jusqu'à la dernière minute, l'Europe a exhorté le leader séparatiste à ne pas prendre de décision irréversible, rappelant que l'Union européenne ne reconnaîtrait pas une Catalogne indépendante. Le président du Conseil européen Donald Tusk avait encouragé Carles Puigdemont à éviter "une décision qui rendrait le dialogue impossible". Emmanuel Macron avait appelé de son coté à une solution pacifique et n'avait pas hésité à qualifier de "coup de force des Catalans" une possible déclarations d'indépendance.

Madrid rappelle sa totale opposition

Pour le gouvernement espagnol "une déclaration implicite d'indépendance, suivie ensuite d'une suspension explicite (...) n'est pas admissible". En somme, on ne peut pas être un peu indépendants, on l'est ou pas.

A Madrid, Mariao Rajoy, le chef du gouvernement conservateur avait menacé de suspendre l'autonomie de la région en cas de déclaration d'indépendance. Mais ce mardi soir, Pablo Iglesias, le leader de Podemos, estime que "Puigdemont n'a pas déclaré son indépendance". Il demande donc "à Rajoy de reprendre le dialogue et d'écouter l'Europe".

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