Dernière ligne droite en Catalogne avant les élections régionales anticipées du 21 décembre. Ces élections visent à élire de nouveaux dirigeants au sein du Parlement dissous fin octobre à la suite d'une crise inédite depuis les 40 dernières années.

45.000 militants indépendantistes à Bruxelles pour demander à l'Union Européenne de s'impliquer dans la crise et soutenir leur ex-président en exil
45.000 militants indépendantistes à Bruxelles pour demander à l'Union Européenne de s'impliquer dans la crise et soutenir leur ex-président en exil © Maxppp / CORTESÍA

La campagne pour les élections régionales anticipées en Catalogne entre dans sa dernière ligne droite. Les catalans sont appelés aux urnes jeudi 21 décembre pour élire un nouveau parlement

Pourquoi ces élections ?

Le 1er octobre dernier, un référendum d'autodétermination est organisé en Catalogne. Avec une forte abstention, il se solde par une large victoire du "si" mais cette consultation est jugée illégale par Madrid, le gouvernement central, qui ne reconnaît pas le résultat. 

27 octobre dernier, la Catalogne, dont le parlement est majoritairement indépendantiste, proclame son indépendance. Madrid décide immédiatement de destituer le Parlement et de mettre sous tutelle la Catalogne. Le gouvernement central convoque également de nouvelles élections prévues fin décembre. 

Trois jours plus tard, le 30 octobre, le Président catalan Carles Puigdemont et quatre de ses conseillers s'exilent en Belgique.  Ils sont poursuivis pour rébellion. 

C'est la pire crise qu'ait connu le pays depuis 40 ans. La situation catalane est devenue le deuxième sujet le plus inquiétant pour les Espagnols, après le chômage. 

Quels sont les enjeux du scrutin ?

Les élections régionales du 21 décembre permettront de désigner les 135 élus du parlement catalan, dominé depuis 2015 par les indépendantistes. l'enjeu est de savoir s'ils seront aussi nombreux dans le futur parlement et s'ils continueront à poser un risque pour la stabilité du pays. 

Après la déclaration d'indépendance de la fin octobre, certains indépendantistes dont le président destitué, Carles Puigdemont, présentent ce scrutin comme un nouveau référendum autodétermination.  Pour eux, s'ils gagnent, Mariano Rajoy, à Madrid, devra négocier pour de bon. 

Comment se déroule la campagne ? 

C'est une campagne hors-norme qui a lieu en Catalogne. Les principaux candidats sont soit en prison, soit en exil. 

  • Carles Puigdemont, ex-président catalan multiplie les interventions par vidéo conférence et sur les réseaux sociaux depuis Bruxelles, où il est exilé. Il est sur une liste indépendante. 
  • Oriol Junqueras, ex-vice président et indépendantiste aussi, est en prison, visé par les mêmes poursuites que M. Puigdemont. Il est tête de liste du parti la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) mais c'est la numéro 2 sur la liste, Marta Rovira qui fait campagne. 
  • Parmi les listes favorables à l'unité : le parti Ciudadanos, un parti de centre-droit mené par Inès Arrimadas qui promet de tenter de réconcilier les catalans en s'occupant du chômage, des investissements et des touristes. L'ancien premier ministre français, Manuel Valls, s'est même invité dans la campagne. L'homme politique aux racines catalanes voyage en Catalogne pour soutenir les pro-union. "Je fais campagne pour la Catalogne, l'Espagne, l'Europe", répond-il quand on lui demande de quel côté il se place.

Que disent les sondages ?

Dans la plupart des sondages, ERC (indépendantistes) et Ciudadanos (pour l'unité) sont au coude à coude, suivis de la liste de Carles Puigdemont, du Parti Socialiste et de l'allié régional de Podemos. 

La probabilité du maintien au pouvoir d'une coalition indépendantiste reste la plus élevée. Mais les séparatistes catalans pourraient perdre la majorité absolue selon un autre sondage.  Les trois mouvements favorables à la rupture avec Madrid sont crédités de 66 à 67 sièges, alors qu'il en faut 68 pour disposer de la majorité. Les partis unionistes ne semblent pas non plus en mesure de l'atteindre. Ce serait l'aile locale de Podemos qui jouerait alors le rôle d'arbitre. 

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