Près de 7 millions de Rwandais sont appelés aux urnes ce vendredi pour un scrutin présidentiel qui paraît joué d'avance.

Rassemblement de clôture de la campagne du président à Kigali le 2 août 2017.
Rassemblement de clôture de la campagne du président à Kigali le 2 août 2017. © AFP / MARCO LONGARI / AFP

L'actuel président Paul Kagamé, au pouvoir depuis plus de 20 ans et qui contrôle l'Etat d'une main de fer, ne doute pas de sa victoire face à une opposition quasiment réduite au silence. Lors de son premier meeting de campagne, Paul Kagame n'a pas hésité à dire, "l'élection est jouée". En ce sens, il pourrait bien avoir raison et ce, pour plusieurs raisons.

Un président "tout puissant"

Élu en 2003 et en 2010 avec plus de 90 % des voix, Paul Kagame organise en 2015 un référendum pour modifier la constitution et se représenter, en principe jusqu'en 2034. Résultat en sa faveur à 98 %. Son parti le FPR, le Front Patriotique Rwandais, contrôle le pays depuis 23 ans. Paul Kagame incarne aussi l'après génocide. C'est lui, qui a contribué entres autres, à mettre fin à l'extermination de plus de 800 000 Tutsi entre avril et juillet 1994. Son influence est considérable d'autant plus que son bilan politique est très flatteur : croissance de 7,9 %, assurance maladie couvrant 91 % de la population et une politique de lutte anti-corruption efficace.

Opposition inexistante

Face à lui, deux petits candidats. Frank Habineza le président du PDV, Parti Démocratique Vert, unique formation d'opposition autorisée à se présenter et Philippe Mpayimana, un ancien journaliste revenu au Rwanda en février et indépendant. Les deux hommes sont soumis à des règles de campagne très strictes. Ils ont une semaine seulement pour lever des fonds avant le lancement de la campagne électorale, une interdiction formelle d'accepter des financements étrangers. Surtout, obtenir l'autorisation de la Commission électorale pour participer au scrutin est compliquée.

Car au Rwanda, les forces opposantes sont victimes d'attaques. Médias et défenseurs des droits de l'homme compris. Amnesty International a d'ailleurs dans un rapport exposé "une atmosphère glaçante". Les candidats à la succession de Kagame sont eux victimes de pressions, comme Diane Shima Rwigara. Peu de temps avant de se déclarer, des photos d'elles nues ont été diffusées sur internet. Certains, disparaissent.

Contexte

Économiquement, le premier employeur privé du pays est le FPR, le parti du président. Ou plutôt, Crystal Ventures. Un fond d'investissements créé par le parti en 1995 après le renversement du régime extrémiste pour palier aux manques d'investisseurs. En 23 ans, ses actifs montent jusqu'à 500 millions de dollars et il est présent dans énormément de secteurs.

Ce petit pays de 12,2 millions d'habitants, a tendance a regardé chez ses voisins. Le pouvoir de Kagame tente notamment de s'étendre en République Démocratique du Congo, où il a envoyé des troupes militaires pour soutenir les rebellions et ce, à plusieurs reprises. L'ONU et les États-Unis l'ont aussi accusé de chercher à "déstabiliser" le Burundi.

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