L'UNESCO vient de publier le premier état des lieux exhaustifs des dommages causés dans la vieille ville d'Alep par des années de conflits. C'est aussi une base technique pour reconstruire ce joyau de Syrie et d'Orient.

Les pelleteuses et les camions deblaient les rues de la vieille ville d'Alep
Les pelleteuses et les camions deblaient les rues de la vieille ville d'Alep © AFP / George Ourfalian

Il y a trois ans, Alep était reprise par l'armée du régime de Bachar Al-Assad après un terrible siège au cœur de l’hiver. Aujourd'hui, le centre historique de la ville reste pétrifié dans un amas de gravats, encombré par des mines. Grace à des images satellite, l'UNESCO a pu dresser le premier inventaire des dégâts.

Plus de 10% des bâtiments historique d’Alep ont été détruits

"Et plus de la moitié des édifices évalués dans notre rapport ont subi des dommages modérés ou graves", explique Metchild Rössler, directrice du Centre du patrimoine mondial de l’UNESCO. "Les dégâts sont énormes. La difficulté c’est qu’il reste encore des mines. C’est pourquoi jusqu’à présent, on ne peut pas encore travailler comme on le voudrait sur le terrain."
 

En mars 2017, 3 mois après la fin des combats, le centre ville d'Alep est largement dévasté
En mars 2017, 3 mois après la fin des combats, le centre ville d'Alep est largement dévasté © Radio France / Christian Chesnot

Plusieurs centaines de millions d'euros pour reconstruire 

Les obstacles pour relever Alep de ses ruines sont aussi d'ordre financier. Metchild Rössler évalue l’enveloppe de la reconstruction du centre-ville historique à plusieurs centaines de millions d’euros. 

Des travaux titanesques ont débuté l'été dernier
Des travaux titanesques ont débuté l'été dernier © AFP / George Ourfalian

"Le défi est énorme, explique-t-elle. Évidemment, on ne pourra pas terminer en un an. Pour les bâtiments symboliques, il sera assez facile de trouver des donateurs. Ce qui est compliqué, c’est de trouver de l’argent pour les habitations des gens. Il faut absolument un effort de la communauté internationale." L'UNESCO dispose d'une grande expérience dans le domaine de la reconstruction de villes détruites par les guerres. L'organisation internationale est en ce moment également à l’œuvre pour rebâtir Mossoul en Irak après la campagne militaire de la coalition internationale contre Daech.

Des travaux sur certains sites emblématiques d'Alep ont commencé 

La mosquée des Omeyyades d'Alep au printemps 2017, trois après la reprise de la ville par les forces gouvernementales syriennes
La mosquée des Omeyyades d'Alep au printemps 2017, trois après la reprise de la ville par les forces gouvernementales syriennes © Radio France / Christian Chesnot

Le rapport de l‘UNESCO fournit la base technique pour un futur plan de restauration de la ville. Des travaux sur certains sites emblématiques ont commencé, notamment pour reconstruire la mosquée des Omeyyades. Un chantier en partie financée par la Fondation de l’Aga Khan. La bonne nouvelle : le célèbre minaret de la moquée, détruit par les combats, pourra être rebâti, assure l’UNESCO.

La même mosquée des Omeyyades d'Alep le 14 décembre 2018 : les travaux de restauration ont commencé.
La même mosquée des Omeyyades d'Alep le 14 décembre 2018 : les travaux de restauration ont commencé. © AFP / George Ourfalian

Mais tant qu'il n'y aura pas une véritable solution politique du conflit syrien, la reconstruction d'Alep avancera à pas comptés.

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