Donald Trump a finalement capitulé. Le président américain a signé le texte de loi débloquant 900 milliards de dollars d'aides d'urgence pour l'économie américaine faisant face à la crise de la Covid. Qu'est-ce que cela signifie ?

Donald Trump a finalement signé le plan de relance  de 900 milliards de dollars d'aides
Donald Trump a finalement signé le plan de relance de 900 milliards de dollars d'aides © AFP / ANDREW CABALLERO-REYNOLDS

Le président Donald Trump, dans un geste inattendu, a finalement baissé les bras et signé le texte de loi dimanche soir, approuvant ainsi une aide de 900 milliards de dollars pour les petites entreprises et les particuliers touchés par la crise économique due à la Covid. Il a également signé, dans la foulée, la proposition de loi de financement de l'État fédéral, ce qui permet aussi d'éviter le fameux shutdown, cette fermeture des administrations accompagnée d'une mise en chômage technique de milliers de fonctionnaires jugés "non essentiels". 

La décision de Donald Trump est d'autant plus surprenante qu'il avait qualifié le texte de loi de "honteux" il y a seulement quelques jours. 

Pourtant, dimanche, il a publié un communiqué : 

"Je ratifie cette législation pour restaurer les allocations chômage, arrêter les expulsions locatives, apporter de l'assistance aux bailleurs, ajouter des fonds supplémentaires au programme de prêts aux entreprises, permettre aux employés de l'aérien de retourner au travail et donner des fonds substantiels en plus pour la distribution des vaccins".

Est-ce une bonne partie de golf qui l'a fait changer d'avis ? 

De leur coté, les réseaux sociaux ont rapidement réagi à ce changement subi et inattendu, d'autant que Donald Trump a signé après un week-end de golf dans sa propriété de Palm Beach en Floride. 

"A-t-il signé parce que la cruauté a ses limites ou bien parce qu'il était content de son week-end de golf ?" se demande cet internaute, ex-ministre du Travail de Bill Clinton

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Cela dit, le fait qu'il ait tardé à signer a entrainé la perte des allocations chômage pour 14 millions d'Américains. Pendant une semaine, il a tergiversé, demandant des changement dans les dépenses prévues dans le texte, laissant penser qu'il ne le signerait pas en l'état. Durant le week-end, les élus démocrates ET républicains se sont inquiétés des implications d'un shutdown pendant une pandémie. Les Républicains ont d'ailleurs mis la pression sur Donald Trump pour qu'il signe. 

Dans son communiqué, Donald Trump en a profité pour remettre sur le tapis ses fausses affirmations sur une supposée élection truquée. En ajoutant : 

Il va y avoir bientôt encore plus d'argent et je n'abandonnerai jamais ma lutte pour le peuple américain.

Mais les démocrates n'ont cessé de lui reprocher ce délai qu'il a lui-même imposé :  

"Le fait qu'il ait attendu n'a fait que causer plus d'anxiété chez les travailleurs et les familles qui sont un dommage collatéral de ses petits jeux politiques. Maintenant, les gens vont devoir attendre encore plus longtemps pour être payés et recevoir d'autres aides essentielles".  

600 dollars par famille en difficultés

Donald Trump affirmait, depuis plusieurs jours, vouloir que le texte accorde 2 000 dollars par famille, au lieu des 600 dollars approuvés par le Congrès. Or, les démocrates réclamaient 2 000 dollars mais ce sont les républicains qui ont refusé. D'où cette phrase de Nancy Pelosi la présidente de la Chambre des représentants : 

Le Président doit maintenant appeler les républicains du Congrès à suivre son exemple et à apporter leur soutien à une hausse du montant des chèques à 2 000 dollars.

Plus tôt dimanche, avant que Donald Trump appose sa signature au bas du texte de loi, le sénateur républicain Pat Toomey déclarait à Fox News que Donald Trump "souhaitait que l'on se souvienne de lui comme celui qui réclamait des chèques plus avantageux, mais il prend le risque que l'on se souvienne de lui pour le chaos, la détresse et son comportement erratique s'il s'obstine."

Une allocation chômage spécial Covid

L'allocation chômage prévue par deux programmes d'assistance fédérale mis en place en mars dans le cadre du premier plan de soutien à l'économie a expiré samedi dernier à minuit. Au moins 12 millions d'Américains qui en bénéficiaient ne savaient donc pas s'ils allaient continuer à la percevoir. Le nouveau plan de relance prolonge donc finalement jusqu'à mi-mars ces aides fédérales versées aux chômeurs.

Le moratoire sur les expulsions est prolongé

Le texte de loi prévoit également de maintenir le moratoire sur les expulsions locatives, alors qu'il devait expirer au 31 décembre. Les saisies immobilières sont également suspendues, au moins jusqu'au mois de mars. 

Des aides aux entreprises

Le texte accorde des prêts garantis aux entreprises, prévoit des milliards de dollars d'aides aux PME, aux sociétés de la restauration, de l'hôtellerie, du transport aérien, etc. 

Pour Joe Biden, un premier pas "insuffisant"

Quant au président élu Joe Biden, qui prendra ses fonctions le 20 janvier, il a annoncé la semaine dernière qu'il demanderait l'an prochain au Congrès de voter un nouveau plan de soutien à l'économie américaine. Il a estimé que le plan de 900 milliards de dollars était "un premier pas" mais qu'il ne serait pas suffisant. 

Il a prévenu que ce "n'était qu'une première étape, un acompte."

"Il reste beaucoup à faire. Nous devons travailler de façon bipartisane. C'est seulement ainsi que nous nous en sortirons", a-t-il ajouté.