C'est aujourd'hui que la Grèce est censée rembourser au FMI plus d' 1,5 milliards d'euros. Théoriquement, si elle ne paie pas le FMI, elle pourrait être déclarée en défaut de paiement.

Tsipras met son mandat en jeu, Juncker entre en campagne

Alexis Tsipraset J-C Juncker
Alexis Tsipraset J-C Juncker © OLIVIER HOSLET/EPA/MAXPPP / OLIVIER HOSLET/EPA/MAXPPP

En décidant de soumettre à référendum les propositions des créanciers de la Grèce, le dirigeant du parti de gauche anti-austérité Syriza, Alexis Tsipras, a précipité la rupture avec ses partenaires européens et s'est vu contraint d'imposer des mesures de contrôle des capitaux pour éviter un effondrement des banques grecques.

Comme il le répète depuis son annonce choc de la nuit de vendredi à samedi, Alexis Tsipras a de nouveau appelé ses compatriotes à voter "non" dimanche et a mis son poste dans la balance . "Si le peuple grec veut avoir un Premier ministre humilié, ce ne sera pas moi", a-t-il dit lundi soir à la télévision, excluant de mener un gouvernement qui pratiquerait "l'austérité à perpétuité". Ce référendum, a-t-il poursuivi, n'a pas pour objectif de faire sortir la Grèce de la communauté européenne, mais de prolonger les négociations et de mieux armer Athènes dans son bras de fer avec ses bailleurs de fonds.

Les créanciers et les partenaires européens d'Athènes se sont employés eux à tenter de convaincre les Grecs de l'inverse, que l'enjeu de cette consultation était leur maintien dans la zone euro . Un "non" signifierait qu'ils ne veulent pas rester dans la zone euro, a déclaré lundi le vice-chancelier allemand et ministre de l'Economie, le social-démocrate Sigmar Gabriel. Le président du Conseil italien, Matteo Renzi, a déclaré pour sa part que les Grecs auraient à choisir "non pas entre l'Union européenne et Tsipras, mais entre l'euro et la drachme". À Bruxelles, Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, a exhorté lundi les citoyens grecs à mesurer l'importance des concessions faites par leurs créanciers et à approuver la proposition d'accord que leur gouvernement a rejeté. "Je demande au peuple grec de voter oui, quelle que soit la question", a-t-il dit lundi à la mi-journée.

La Commission a pris dès dimanche l'initiative inhabituelle de publier sur internet le contenu de ces propositions "dans un souci de transparence et pour que les citoyens grecs soient informés".

Un défaut de paiement, est-ce un cataclysme ?

La plupart des spécialistes ne croient pas à une panique sur les marchés car la zone euro s'est dotée de mécanismes pour se protéger de la contagion depuis la crise de 2008. Cette idée d'une protection totale fait hurler Philippe Dessertine pour qui les théoriciens de l'Europe ne connaissent rien au marché. L'économiste estime qu'un défaut de la Grèce serait cataclysmique car à partir du moment où le défaut est prononcé les CDS sont activés. Les CDS sont des couvertures, des assurances prises par ceux qui ont acheté de la dette grecque. Lorsque le pays fait faillite, les assureurs qui ont vendus ces CDS sont censés rembourser. Selon Philippe Dessertine, ils ne pourront le faire tellement cela leur coûtera cher. Se nombreux établissements feront faillite un peu partout et rien ne pourra arrêter cet effet domino.

Sauf que pour cela, il faut donc un défaut auquel l'économiste Alessandro Giraudo ne croit pas car le défaut n'a même pas été acté - grâce à un artifice comptable dit-il - lorsque les banques se sont assises sur 50% de leurs créances grecques. Même s'il y a défaut selon Alessandro Giraudo, les CDS n'auront que peu d'impact car depuis ce marché s'est presque éteint.

Semaine cruciale pour la Grèce
Semaine cruciale pour la Grèce © Radio France
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.