Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi à l'unanimité une résolution donnant mandat aux forces françaises pour intervenir en République centrafricaine afin de rétablir la sécurité, alors que les affrontements entre anciens rebelles et milices ont fait au moins au moins une centaine de morts à Banguy

Une femme tente d'échapper aux coups de feu à Bangui
Une femme tente d'échapper aux coups de feu à Bangui © REUTERS/Emmanuel Braun

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté jeudi à l'unanimité une résolution autorisant la force panafricaine et les troupes françaises présentes en Centrafrique à faire usage de la force pour protéger les civils.

La résolution 2127 impose également un embargo d'un an sur les ventes d'armes destinées à la Centrafrique et demande à l'Onu de préparer une possible mission de maintien de la paix dans ce pays en proie à des violences depuis le coup d'Etat de mars dernier.

La France avait déjà déployé des forces supplémentaiers jeudi matin

Le colonel Gilles Jarron, porte-parole de l'état-major des armées françaises a annoncé qu’"un peu plus de 250 militaires" français ont été mobilisés jeudi dans Bangui pour assurer la sécurité des ressortissants français et "des points sensibles" de la capitale. Quelque 600 hommes ont pour l'instant été déployés par l'armée française en Centrafrique.

Au moins 90 morts pour la seule journée de jeudi

Des tirs d'armes automatiques et des détonations d'armes lourdes ont éclaté jeudi avant l'aube dans plusieurs quartiers de Bangui. Comme les jours précédents, les militaires français du détachement stationné à l'aéroport ont mené des patrouilles dans la ville.

54 cadavres ont été dénombrés dans la salle de prière et la cour intérieure de la mosquée du quartier PK5, dans le centre de la capitale. Ils portent des marques de blessures à l'arme blanche et par balles. "Les corps ont été amenés dans la matinée par des gens du quartier", a expliqué un responsable de la mosquée qui était remplie d'hommes et de femmes venus chercher un parent disparu.

Signe de l'extrême tension régnant dans la ville, les abords de la mosquée étaient bondés d'hommes portant des machettes, alors que les rues voisines, dans lesquelles gisaient d'autres corps, étaient désertes.

Dans les rues voisines, les journalistes ont comptabilisé 25 cadavres abandonnés sur le bas coté. Reuters a dénombre plus de 105 morts.

MSF a recensé en début d'après-midi 10 morts et 65 blessés à l'hopital communautaire de Bangui. Ils ont été victimes de tirs ou d'armes blanches. Ce bilan partiel ne concernait que l'un des hôpitaux de la ville, et laisse présager un nombre élevé de victimes.

Des habitants de différents quartiers de la capitale font état de pillage de maisons par des hommes armés, sans pouvoir donner plus détails, chacun se terrant chez soi.

Selon des habitants du quartier de Boy-Rabe, une partie de la population, affolée, a cherché refuge dans une église tandis que les autres se terraient dans leurs maisons. Les artères du centre-ville sont totalement désertes. Aucun véhicule civil ne circule. Tous les commerces sont fermés.

Le reportage d'Olivier Poujade à Bangui

Il faudrait une force internationale d'intervention d'au moins 10.000 hommes, au tour de la France

Marie Reine Hassène est l'ancienne ministre délégué aux affaires européennes sous la présidence de François Bozizé entre 2006 et 2009 avant de démissionner. Elle explique les raisons de ce qui se passe aujoud'hui en Centrafrique et notamment ce que sont les milices anti-balaka qui ont émergé depuis septembre dans le nord-ouest du pays, et la coalition rebelle de la Séléka.

Marie Reine Hassène répond à Claire Servajean et Dominique André

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