Une patrouille française à Bangui
Une patrouille française à Bangui © REUTERS/Emmanuel Braun

S'exprimant quelques heures après le vote du Conseil de sécurité des Nations Unies de la résolution donnant mandat aux forces françaises pour intervenir en Centrafrique, le Président a annoncé que les effectifs militaires français sur place en Centrafrique (650 actuellement) seront "doublés d'ici quelques jours pour ne pas dire quelques heures".

"Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement, c'est à dire dès ce soir, en coordination avec les Africains et avec le soutien des partenaires européens", a annoncé François Hollande, assurant que "la France n'a pas d'autre objectif que de sauver des vies humaines".

L'intervention française "sera rapide", elle "n'a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès", a-t-il assuré.

François Hollande

François Hollande : "Le pays le plus pauvre du monde nous appelle au secours"

François Hollande a décrit une situation "effrayante" et des violences commises "jusque dans les hôpitaux", soulignant le "devoir d'assistance et de solidarité à l'égard d'un petit pays, pays ami, pays le plus pauvre".Jeudi, peu avant l'aube, de violents affrontements ont éclaté dans le nord de Bangui. Des groupes armés ont lancé une offensive sur la ville. Les forces de l'ex-Séléka (ex-rébellion, au pouvoir) ont rétorqué et les combats ont fait au moins 170 morts dont des femmes et des enfants. Plusieurs quartiers de la ville restent inaccessibles, laissant présager un nombre bien plus élevé de victimes alors que la situation semble dénégérer.

A Banguy, Olivier Poujade

La Centrafrique est plongée dans le chaos

Depuis le renversement en mars du président François Bozizé par une coalition hétéroclite à dominante musulmane, la Séléka, c'est l'engrenage de violences communautaires et inter-religieuses entre chrétiens et musulmans.

Ces violences se sont multipliées ces dernières semaines, à Bangui et en province, dans un pays en totale décomposition, comptant 4,6 millions d'habitants sur un territoire grand comme la France.

La résolution de l'ONU, adoptée à l'unanimité des 15 pays membres du Conseil sur proposition de la France, autorise les soldats français en RCA à "prendre toutes les mesures nécessaires pour soutenir la Misca (force africaine en RCA) dans l'accomplissement de son mandat" de douze mois, avec pour mission de "protéger les civils, rétablir l'ordre et la sécurité, stabiliser le pays" et faciliter l'acheminement de l'aide humanitaire.

Une résolution adoptée à l'unanimité en quelques minutes, preuve du consensus sur l'urgence de venir en aide à la Centrafrique. Les explications à New-York d'Aurélien Colly

Le Premier ministre centrafricain Nicolas Tiangaye a plaidé toute la journée pour une intervention très rapide. Laurent Fabius a rappelé les buts de l'opération : éviter les drames humanitaires épouvantables en cours dans le pays et le rétablissement de la sécurité. Ensuite préparer une transition démocratique début 2015.

Laurent Fabius au micro de Christian Chesnot

L'opération Sangaris a commencé

La France va déployer 1.200 hommes, les légionnaire et commandos parachutistes vont arriver des pays voisins. Il s'agit de la plus importante action militaire française en Afrique depuis l'opération Serval lancée en janvier au Mali. Les soldats français devraient être bientôt rejoints par un contingent de 850 soldats du Burundi, portant à 4.400 les effectifs de la Misca.

Les explications de Simon Tivolle

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