L'armée française en Afrique
L'armée française en Afrique © IDÉ

Le Conseil de sécurité de l'Onu a finalement donné jeudi son feu vert à l'intervention militaire de la France en Centrafrique. Dans la foulée, le président François Hollande a annoncé son lancement le soir même. A gauche comme à droite, on veut une opération rapide et efficace.

La situation sur place pendant le vote de la résolution justifiait presque à elle seule l'intervention. À Bangui, des affrontements meurtriers ont opposé anciens rebelles, majoritairement musulmans, et miliciens chrétiens. Les ex-rebelles de la coalition Séléka, qui ont pris le pouvoir en mars et ont chassé du pouvoir le président François Bozizé, disent être tombés sous le feu de milices d'autodéfense "anti-balaka" et de combattants restés fidèles à l'ancien chef d'Etat. Au moins 105 personnes ont été tuées dans la journée dans la capitale centrafricaine.

Une intervention immédiate

À l'issue d'un conseil restreint de défense, François Hollande a donc lancé dans l'urgence l'opération Sangaris, dans le cadre de laquelle Paris doit immédiatement doubler son contigents de 600 hommes présents sur place. Ce sera la plus importante action militaire française en Afrique depuis l'opération Serval, lancée en janvier au Mali contre les islamistes qui tenaient alors le nord du pays.

POUR ALLER PLUS LOIN > La France agit "immédiatement" en Centrafrique

Devant l'aggravation de la situation sur le terrain, le président français a choisi ne pas attendre, comme prévu, la fin du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique à Paris.

Dès ce matin, des renforts français sont arrivés à Bangui, a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian sur RFI.

Ça a commencé dans la mesure où les forces françaises qui étaient déjà présentes sur l'aéroport de Bangui dès cette nuit ont développé des patrouilles dans Bangui. Par ailleurs une compagnie est arrivée de Libreville (la capitale du Gabon) hier soir et aujourd'hui un détachement d'hélicoptères sera sur zone, avec parallèlement la montée en puissance de la force multinationale africaine

Cette intervention, après le Mali, marque-t-elle un retour de la "Françafrique" ? Réponse du colonel Michel Goya, directeur d'études à l'Institut de recherche stratégique (au micro de Simon Tivolle)

A New York, les 15 membres du Conseil de sécurité ont été unanimes à accorder un mandat d'intervention d'un an aux troupes de la Mission internationale de soutien à la Centrafrique sous conduite africaine (Misca) et de six mois renouvelable aux forces françaises. La résolution 2127, présentée par Paris et placée sous le chapitre VII de la Charte de l'Onu, autorise l'usage de la force pour protéger les civils. Le texte impose aussi un embargo sur les ventes d'armes à la RCA.

Reportage à New-York d'Aurélien Colly

"Comment ne pas se révolter ?"

En France, l'intervention est salué par le monde politique. Notamment par l'UMP, où des voix s'élèvent pour dire que cette opération était humainement nécessaire. Guy Teissier est député de l'opposition et ancien président de la Commission nationale de défense et des forces armées. Il estime qu'il faut aller en Centrafrique de toute urgence.

"Si on n'y va pas, personne n'y va", Guy Teissier (au micro de Nasser Madji)

La situation en Centrafrique doit faire l'objet d'un mini-sommet samedi après-midi à Paris et le gouvernement fera mardi 10 décembre devant l'Assemblée nationale une déclaration suivie d'un débat sans vote sur l'intervention française.

La France prône la création d'une force africaine pour assurer le rôle de "gendarme" sur le continent africain. Explications Laurent Fabius (propos recueillis par Christian Chesnot)

Huit mois après avoir déposé François Bozizé, le président par intérim Michel Djotodia ne parvient pas à contrôler ses combattants de la Séléka, dont beaucoup sont originaires du Tchad et du Soudan voisins, et les milices "anti-balaka" se sont constituées en réaction aux violences commises par les anciens rebelles désormais au pouvoir.

Centrafrique IDE
Centrafrique IDE © Radio France
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