Soldats de l'opération Sangaris à Bangui en février 2014
Soldats de l'opération Sangaris à Bangui en février 2014 © MaxPPP/ZUMAPRESS.com/Laurence Geai

Le ministère de la Défense a annoncé samedi qu'une procédure disciplinaire a été engagée à l'encontre de cinq soldats français, soupçonnés de sévices physiques sur deux Centrafricains.

Les faits se seraient déroulés à Bangui, dans un poste du PK 12 (point kilométrique) dans les premiers mois de 2014. Deux centrafricains auraient été passés à tabac, sans que d'autres militaires français présents tentent de s'interposer. Les soldats mis en cause appartiennen au 2e régiment d'infanterie de marine (Rima) basé à Auvours, près du Mans.

L'alerte a été donnée le 28 avril par le chef de corps de ce régiment, qui ne commandait pas l'unité au moment des faits. Il informe sa hiérarchie militaire le 28 avril. Le chef d'état-major de l'armée de Terre, le général Jean-Pierre Bosser, en informe à son tour le ministre de la Défense qui a ordonné "que soit immédiatement effectué un signalement aux autorités judiciaires" :

Au vu de la gravité des faits, des mesures de suspension ont été prononcées à l'égard de cinq militaires, auteurs de violences ou responsables hiérarchiques ayant assisté et laissé faire ces violences. Simultanément, a été engagée une procédure disciplinaire devant conduire à la réunion d'un conseil d'enquête (..) préalable à toute éviction de l'institution.

Le ministère de la Défense ajoute aussi que des sanctions disciplinaires ont été prononcées à l'encontre de quatre militaires, "qui tout en ayant eu connaissance des faits n'en n'ont pas rendu compte".

Une nouvelle affaire embarrassante pour l'armée française en Centrafrique

La force française Sangaris, présente en Centrafrique depuis décembre 2013, est déjà mise en cause dans des scandales d'abus sexuels, tout comme des Casques bleus de nombreux contingents. Trois enquêtes judiciaires sont en cours à Paris sur ces accusations de viols, d'abus ou d'exploitation sexuelle, notamment sur mineurs.

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La France est intervenue en décembre 2013 en Centrafrique, alors que le pays était en proie à l'anarchie et aux violences intercommunautaires. L'opération Sangaris doit se terminer en décembre, au terme d'un désengagement progressif. De plus de 2.500 militaires au plus fort de la crise, Sangaris n'en compte déjà plus que 650.

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