casques bleus centrafrique
casques bleus centrafrique © corbis / © Gideon Mendel/Corbis

Il y a une semaine, le chef de la mission onusienne en Centrafrique a été renvoyé pour des faits de viols. Ce jeudi, trois autres Casques bleus ont été mis en cause dans trois affaires de viols. L'ONU a nommé une commission indépendante pour enquêter.

"Ces nouvelles accusations font état du viol de trois jeunes femmes par trois membres d'un contingent militaire de la Minusca", la mission de l'ONU en Centrafrique, a déclaré, hier, une porte-parole de l'ONU, Vannina Maestracci.

Les viols auraient eu lieu il y a quelques semaines et ont été signalés par les familles des victimes à la Minusca le 12 août. Si la nationalité de ces Casques bleus n’a pas été communiquée officiellement, plusieurs sources affirment qu'ils seraient originaires de la République démocratique du Congo (RDC) . Le contingent se trouvait alors en mission dans la ville de Bambari, au nord-est de Bangui.

La République démocratique du Congo, comme l'avait demandé l'ONU, a décidé de juger les ses trois soldats accusés de viol. "J'ai donné injonction aujourd'hui même au général Josephû Ponde, auditeur général des forces armées, pour engager des poursuites" sur la base du "dossier que l'ONU mettra à notre disposition", a déclaré Alexis Thambwe Mwamba, ministre congolais de la Justice.

Déjà 12 accusations de viols par des Casques bleus en Centrafique

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casques bleus ban ki-moon © corbis / © Li Muzi/Xinhua Press/Corbis

Le 13 aout, le chef de la Mission des Nations unies en République centrafricaine (Minusca), Babacar Gaye, avait démissionné à la demande de Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, à la suite d'accusations de viol et d'usage disproportionné de la force commis par des casques Bleus. Amnesty International avait également accusé des membres de la force de maintien de la paix des Nations unies d'avoir violé une fillette de 12 ans et d'avoir tué un adolescent et son père lors d'une opération à Bangui au début du mois.

Ban Ki-moon, secrétaire général de l'ONU, le 13 août 2014 - Propos recueillis par Charlotte Alix, France Inter

Dans une affaire distincte, la France enquête sur des accusations d'abus sexuels commis sur des enfants en Centrafrique. Ces accusations visent notamment 14 soldats français qui faisaient partie de l'opération Sangaris menée par la France, mais qui n'étaient pas sous le commandement de l'ONU.

La Minusca,forte de 12 000 Casques bleus, fait face à au moins 61 accusations de fautes, dont 12 concernant des cas d'abus sexuels. Le Conseil de sécurité de l’ONU a exprimé son indignation et sa colère Ban Ki-moon a qualifié les cas d'agressions sexuelles imputés à des Casques bleus de "cancer dans notre système".

Pour Jonathan Péno, membre d'Amnesty International, très peu de Casques bleus sont condamnés - Propos recueillis par Chloé Cohen

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