Infographie Centrafrique - bangui
Infographie Centrafrique - bangui © ide

Le ministre centrafricain de la Jeunesse et des Sports, l'ex-chef rebelle Armel Ningatoloum Sayo, a été enlevé dimanche par des hommes armés dans la capitale.

Alors que Claudia Priest, l'humanitaire française retenue cette semaine en otage en Centrafrique par des miliciens chrétiens anti-balaka, doit être rapatriée dimanche en France, c’est cette fois un ministre qui est victime d'un rapt.

Armel Ningatoloum Sayo ramenait en voiture sa femme et son frère de l'église lorsque quatre inconnus circulant à bord d'un taxi ont fait arrêter leur véhicule, ont tiré en l'air et contraint le ministre à descendre de voiture. Puis ils se sont enfuis avec lui, en direction de "Boy Rabe", selon son épouse, un fief des milices chrétiennes "anti-balaka".

C'est la première fois qu'un membre du gouvernement est kidnappé en Centrafrique.

Le rapt n'a pas été revendiqué. Mais depuis quelques jours, les enlèvements se multiplient à Bangui. Outre Claudia Priest et un Centrafricain travaillant pour la même ONG, une employée expatriée de la Minusca (Mission des Nations unies en Centrafrique) a été kidnappée mardi et libérée après avoir été retenue quelques heures par des anti-balaka.

Avant d'être ministre de la Jeunesse et des Sports, Armel Sayo était le chef de la rébellion Mouvement Révolution Justice basée dans le nord-ouest du pays, un groupe qui sans être l'allié des anti-balaka, se montrait particulièrement hostile envers la Seleka. Armel Sayo est entré au gouvernement du Premier ministre Mahamat Kamoun, à la suite de la signature de l'accord de cessation des hostilités du 23 juillet 2014 à Brazzaville, au Congo.

La République centrafricaine est déchirée par les affrontements entre anciens rebelles musulmans de la Seleka et miliciens anti-balaka

Les milices anti-balaka, principalement chrétiennes, se sont formées pour lutter contre les rebelles, essentiellement musulmans, de la coalition Séléka qui avait pris le pouvoir en Centrafrique en mars 2013 avant d'en être chassée en janvier 2014. Les deux camps sont accusés d'avoir commis de graves exactions qui ont fait des milliers de morts et près d'un million de déplacés.

La France a décidé de retirer progressivement ses troupes de la République centrafricaine, où les soldats de la Minusca (Mission des Nations unies en République centrafricaine) sont en cours de déploiement.

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