L'ex-président américain, invité exceptionnel d'Augustin Trapenard ce lundi sur France Inter, sait se faire rare tout en restant sur le devant de la scène. Barack Obama choisit minutieusement ses interventions : conférences, prises de parole politiques, ou même apparitions plus anecdotiques.

Barack Obama  venu en Géorgie en soutien à Joe Biden pendant la campagne présidentielle américaine 2020
Barack Obama venu en Géorgie en soutien à Joe Biden pendant la campagne présidentielle américaine 2020 © AFP / Elijah Nouvelage

Barack et Michelle Obama ont tenté de ne pas voler la vedette lors de l'investiture de Joe Biden, le 20 janvier dernier au Capitole. Pourtant, à voir le temps passé par les cameramen à filmer le couple, et au nombre de photos prises par les photographes professionnels qui couvraient l'évènement, le couple a fait son effet. Les Obama sont toujours très médiatiques, même depuis qu'ils ont quitté la Maison Blanche, en janvier 2017.

Son livre d'ex-président se vend à des millions d'exemplaires

Lorsque le premier tome des mémoires de Barack Obama, "A Promised Land" ("Une terre promise", en français), est sorti en novembre 2020 aux États-Unis, il a dépassé le million de ventes en une semaine. Depuis, les chiffres ne montrent aucun signe de ralentissement. 

"A Promised Land" est arrivé en tête des best-sellers de USA Today pour 2020, en n'étant présent que six semaines dans les rayons cette année-là. Il est actuellement numéro deux des best-sellers du classement du New York Times, après avoir été numéro 1 trois semaines d'affilée en novembre/décembre. 

L'ouvrage de Barack Obama a même dépassé celui de sa femme Michelle qui, avec ses mémoires intitulées “Becoming", vendues à 14 millions d'exemplaires, était pourtant devenue un phénomène littéraire. Dès le premier jour, "A Promised Land" a vendu quelque 887 000 copies, contre 725.000 pour "Becoming". Dans les pays francophones, "Une terre promise" (Éd.Fayard) s'est vendu à ce jour à 500.000 exemplaires.

Comme pour Michelle Obama, il a fallu réimprimer l'ouvrage de Barack Obama pour répondre à la demande et passer de 3.4 millions à 4,4 millions d'exemplaires. Selon ABC News l'ouvrage d'Obama est bien parti pour devenir les mémoires présidentielles les plus vendues de l'histoire. 

Les Obama auraient signé un pré-contrat de 65 millions de dollars pour leurs livres avec l'éditeur Penguin Books, qui a toujours refusé de confirmer ce chiffre. Si tel était le cas, ce serait un record absolu pour des personnalités politiques, et bien plus que les Clinton, qui déjà avaient battu des records. Bill Clinton avait en effet signé une avance de 15 millions de dollars pour ses mémoires en 2004 "My Life" (soit environ 21 million en dollars actuels), et Hillary Clinton avait obtenu une avance de 11,5 millions de dollars pour son ouvrage le plus récent, celui de 2014 ("Hard choices"). 

Il s'invite dans un club de lecture par surprise

Avec son livre, Barack Obama a encore fait le buzz cette semaine. Alors que l'organisateur d'une réunion Zoom d'un club de lecture annonce "un invité spécial" pour parler de "A Promised Pand", c'est l'ex-président lui-même qui apparait à l'écran. Il se présente alors avec humour, devant les visages médusés :

"Ils avaient prévu quelqu'un d'autre, mais il ne pouvait pas venir donc on m'a demandé de le remplacer au dernier moment."

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En réalité, le club de lecture est composé d'Afro-Américains passionnés de littérature, et est organisé par les propriétaires d'une librairie spécialisée dans les livres écrits par, pour ou au sujet de la diaspora africaine. Barack Obama y était invité justement pour évoquer l'importance de la littérature noire américaine dans la littérature en général, et pour montrer son soutien aux librairies indépendantes afro-américaines. 

Il annonce la construction de son Centre présidentiel à Chicago

Comme le veut la tradition, Barack Obama aura son musée, comme presque tous les ex-présidents américains. Il a annoncé cette semaine la construction de son Centre présidentiel à Chicago (Illinois). Il a été sénateur de l'Illinois de 2005 à 2008. Auparavant, il a été travailleur social dans les quartiers sud de Chicago dans les années 1980, puis avocat en droit civil à sa sortie de Harvard. C'est dans Chicago South Side qu'il a rencontré sa femme Michelle. Il a enseigné le droit constitutionnel à l'université de Chicago de 1992 à 2004. Chicago a donc indéniablement marqué sa vie, et il a marqué Chicago. C'est donc là qu'il fera construire son Centre présidentiel.

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Barack Obama veut faire du centre un lieu de rencontres, créant des emplois pour les résidants du quartier.

"Il y aura un musée, mais aussi des jardins, chemins de promenade, des aires de jeux, des pistes cyclables qui redonneront vie à cette communauté que nous aimons tant. Ce sera un espace pour la communauté, construit avec la communauté."

Les travaux démarreront cette année. 

Son équipe se reforme à Washington

Depuis l'élection de Joe Biden comme 46e président des États-Unis, l'équipe Obama se reforme petit à petit à Washington. Joe Biden a été vice-président de Barack Obama pendant huit ans, et les deux travaillent toujours ensemble. 

  • Par exemple, Ronald A. Klain, nouveau directeur de cabinet (Chief of staff), était le coordonnateur de l'action américaine pour la lutte contre Ebola dans l'administration Obama ;
  • La nouvelle présidente du Conseil économique, Cecilia Rouse, était déjà membre du même Conseil sous Obama ;
  • Alejandro Mayorkas  était directeur des Services de l'immigration et de la Citoyenneté sous Obama et devrait devenir ministre de la Sécurité aux frontières de Joe Biden, s'il est confirmé par le Sénat ;
  • Le nom de Rahm Emanuel revient dans les couloirs de la Maison blanche et dans la presse. L'ancien maire de Chicago a été directeur de cabinet de Barack Obama en 2009 et 2010. Élu maire de Chicago par la suite, il a été accusé d'avoir couvert la police en 2014 impliquée dans la mort d'un jeune noir de 17 ans. Aujourd'hui, Rahm Emanuel pourrait bien être nommé ambassadeur en Chine, au Japon, voire en Israël ;
  • Merrick Garland sera le nouveau ministre de la Justice de l'administration Biden. Or, Merrick Garland n'est autre que le juge que Barack Obama avait voulu nommer à la Cour Suprême en 2016, après la mort du juge Antonin Scalia. Mais les sénateurs républicains avaient refusé de l'entendre, estimant que son audition était trop proche de l'élection présidentielle de novembre 2016. Et c'est donc Donald Trump qui a pu nommer à ce siège un républicain, le juge Neil Gorsuch, en janvier 2017, après avoir été élu président. La nomination de Merrick Garland est donc un sacré pied de nez à Donald Trump ;
  • La directrice des Services de Renseignement, Avril Haines était conseillère de Barack Obama lors de son second mandat sur les questions de sécurité intérieure ;
  • Le nouveau conseiller scientifique du président, ne sera autre que Eric Lander, un mathématicien et généticien, qui, à la tête du Conseil de sciences et technologies dans l'administration Obama, a participé à définir le génome humain.  
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